‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 103 sur 321 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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victime une sourde rancune qu'il s'était promis d’assouvir tôt ou tardi. L'occasion lui parut propice ; il fit courir le bruit que l'énigmatique Marprelate n'était autre que Harvey ?, et dans son Pappe with an Hatchet, aux mjures et arguments contre les Martinistes, il mêla adroitement — et fort hypocritement — certaines anecdotes qui couraient sur le compte de la famille Harvey 3. Il alla même plus loin : afin de rendre ses insinuations parfaitement claires, au nom de Martin il accola les noms de John et de Richard, frères de Gabriel #.

Il est difficile de dire si Lyly voulait seulement faire rire la galerie aux dépens du pédantesque Harvey ou s’il cherchait réellement à impliquer son vieil ennemi dans une affaire dangereuse. Harvey lui-même ne semble pas avoir compris le but de cette attaque, car dans la réponse qu'il prépara sous le titre de Aduertisement jor Papp-hatchett?, tout en feignant de ne pas prendre ces accusations au sérieux, il désapprouve Marprelate avec une insistance qui trahit de vagues craintes. Mais, qu'il y ait eu chez Lyly simple espièglerie ou malice invétérée, son agression ne

1. Dans le passage de Pappe with an Hatchet où Harvey est clairement visé, Ly1y à dit: « If the toy take him to close with thee [Martin], then haue I my wish, for this tenne yeres haue I lookt to lambacke him » (Works, III, 400).

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