‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 163 sur 321 · Endimion, II, ii. Midas, V, ii · texte numérisé non relu

Endimion, II, ii. Midas, V, ii

gamineries ils sont de vif-argent. Ils s’excitent mutuellement, ils babillent à tue-tête et pour ne rien dire; ils se grisent d'esprit, se vantent de leur coquinerie, font mille extravagances en lesquelles s’élimine l'excès de turbulence qui est l'apanage de leur jeunesse, toutes sottises qui prennent encore plus de relief parce que l’on sent qu'ils aiment l’espièglerie pour elle-même. Mais à côté de cette vivacité remuante, où se traduisent les côtés impulsifs de leur nature enfantine, il y a place pour des sentiments moins naïfs. Ils affectent volontiers des airs d'hommes faits. Singeant les courtisans dans leurs manières et dans leur langage, ils sont déjà des politiciens; ils entendent parler d’affaires d'Etat, ils s'en emparent, les discutent et les résolvent!. Nul n’est mieux au courant des dernières nouvelles de la Cour et ne lance le « What news » quotidien avec plus de désinvolture ?. Ils jouent aux querelleurs et ont la bouche pleine du mot « courage » comme le plus redoutable duelliste 3. Ils font pis. Ils manient le dé avec une dextérité qui ne va pas sans piperie #; et, parfois, ils nous laissent entrevoir chez eux des idées qui ne sont pas de leur âge. Habitués à pénétrer un peu partout à la suite de leur maître, ils en savent long sur les intimités de l'amour. Ils sont capables de détailler les artifices de toilette, voire les charmes d’une femme avec une précision inquiétante 5. D'ailleurs, ils laissent volontiers entendre

1. « We pages », dit Criticus, « are Politians : for looke what we heare our maisters talke of, we determine of : where we suspect, we vndermine : and where we mislike for some perticular grudge, there we pick quarrels for a generall griefe » (Sapho and Phao, I, iii, 24-98).

2. Voir la rencontre de Molus et de Criticus (Sapho and PhRao, II, iii).

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