Midas, I, iii
qu'ils ont déjà une maîtresse 1, et les jeux de mots plus que lestes où parfois ils se complaisent nous laissent croire que la chose n'est pas impossible ?. Ils sont ainsi une demidouzaine dans l'œuvre de Lyly qui apportent, chaque fois qu'ils paraissent, une note gaie et délurée. Et que leur portrait soit conforme à la réalité, on n’en saurait douter, car 1l correspond presque trait pour trait à la description savoureuse que le réaliste Nash nous a faite de ces petits bouts d'hommes pervers et dépravés avant l’âge, dans son Jack Wilton 3.
Enfin, pour clore la liste des personnages épisodiques de l'œuvre lylienne, il faut s'arrêter un instant devant les dames d'honneur “. Elles ont peut-être un relief plus amorti que les pages et les serviteurs. Etres de luxe, dont le seul devoir est de parader à la suite d’une princesse ou de l'aider à tromper l’ennui des heures lentes, elles passent leur existence dans une atmosphère d'oisiveté et de contrainte qui interpose comme un voile entre le spectateur et le jaillissement spontané de leur gaieté et de leur animation. Mais elles n’en sont pas pour cela moins vivantes; car Lyly a bien saisi et bien rendu en elles les plus frappants parmi leurs défauts ou leurs qualités : l'effronterie avec les hommes et la coquetterie qui se déguise sous des airs d’indifférence ou de scepticisme, mais qui fait parfois commettre des trahisons contre la