Voir Sapho and Phao, acte I, scène iv
modestie 1; l’habileté malicieuse à découvrir les faiblesses cachées du prochain ?; la frivolité qui ne met en tête qu'histoires d'amour, chansons et danses3; et surtout cette excitation fébrile qui fait prendre la mouche sur une raillerie 4, déchaîne les babillages étourdissants, aiguise la langue pour les taquineries et allume l’étincelle de l'esprit 5. Sans doute, ce n'est pas là le cœur féminin dans toutes ses complications ni dans sa profondeur. Lyly ne nous donne qu'une image superficielle; il ne nous montre la femme que sous un seul de ses aspects, telle qu'elle s'offre aux regards dans sa royauté sociale, poupée à la fois gracieuse et vide, charmante et méprisable, ne livrant de sa personnalité que ce qu'elle en veut laisser paraître, comme une légère rougeur sous un fard habilement appliqué. Mais le fait que ce portrait est incomplet et, en quelque sorte, unilatéral, prouve justement son exactitude. C’est bien ainsi qu'aux yeux des contemporains devaient se projeter sur le fond d'une Cour hyper-féminisée les suivantes de la reime Elizabeth. A ce titre, les Mileta, les Semele, les Cælia, etc., constituent un document extrêmement précieux sur un monde aujourd’hui disparu et qu'il est bien difficile de reconstituer. C’est là le triomphe de Lyly. On peut adresser à la plupart de ses personnages de grands reproches; mais on ne peut lui refuser le mérite d’avoir su croquer dans le milieu spécial qu'il connaissait le mieux les types les plus caractéristiques. Il y a gagné que ces pages et ces dames d'honneur, en faisant par instants circuler la vie et fuser
1. Voir Mileta, la contemptrice de l’amour (Sapho and Phao, I, iv, 15-17), mais qui fait des avances à Phaon (Zbid., III, iv).