Ibid
4. Isocrate est cité dans l’ordonnance de 1549, à côté d'Homère et d’'Euripide, comme l'un des livres que doit expliquer le professeur de grec (Huber, Englische Universitäten, IT, 12 n*). Cf. lettre d’'Ascham à Brandesby, datée de Cambridge 1542/3 (Works, I, 26).
5. Ascham, Lettre xcix à Sturm (Works, I, 192); Schooëtmaster (Works, IV, 186). Ascham cite encore Isocrate parmi les auteurs qu'il lisait à son maître Sir Richard Morison, ambassadeur auprès de Charles-Quint, en 1551 (Lettre cxxii à Edward Raven, Works, II, 285). Cf. aussi les lettres xvii (Works, I, 33), cxxxvi (II, 323), clxiv (II, 399), Schooëmaster (IV, 108). Toxophilus (III, 52).
6. « This little booke (whiche in mine opinion) is to be compared in counsaile and short sentence with any booke, holy scripture excepted, I haue translated out of greeke, not presumyng to contende with theim, whiche haue doone the same in latine; but to thintent onely that I wolde assaie, if
semblance accorder à Isocrate l'honneur d'avoir enseigné aux Anglais l'usage des figures dites de Gorgiast. Néanmoins ce n'est pas seulement au travers des textes grecs et latins que les figures de Gorgias ont pénétré dans la prose anglaise par une sorte d'instllation ?. Elles ont agi encore plus efficacement par le moyen des nombreux traités de rhétorique qui virent le jour à mesure que s'éveillaient les ambitions littéraires des humanistes 3. Car les humanistes ne se contentèrent pas de rechercher par eux-mêmes les principes du style artistique de l’antiquité, ils se mirent à l'étude des vieux rhéteurs. Ils pillèrent Cicéron, Quintilien
our Englisshe tunge mought receiue the quicke and propre sentences pronounced by the greekes. And in this experience I haue founde (if I be not muche deceiued) that the forme of speakyng, vsed of the Greekes, called in greeke, and also in latine, Phrasis, muche nere approcheth to that, whiche at this daie we vse : than the order of the latine tunge : I meane in the sentences, and not in the wordes » (Doctrinal of Princes, 2). La fin de cette citation explique, soit dit en passant, pourquoi les figures de Gorgias s’imposèrent tout d’abord aux stylistes de préférence à la période cicéronienne que l’on ne devait imiter que plus tard. — De même John Cheke recommandait l’étude d’Isocrate à celui qui voulait devenir « an excellent man » (Ascham, Schooïtmaster, Works, IV, 227-298).
1. Erasme a remarqué que la diction de Thomas More, à qui j'ai emprunté plusieurs des exemples de pré-euphuisme, suivait Isocrate de très près : « Et tamen dicendi genus, quod assequutus est, magis vergit ad Isocraticam structuram ac Dialecticam subtilitatem, .…… quanquam urbanitate nihilo M. Tullio inferior est » (Dialogus Ciceronianus, 174). M. Norden a même fait d’Isocrate (ce qui est exagéré) la source presque unique de l’euphuisme (Antike Kunstprosa, II, 786, 802).
2. I1 faudrait peut-être ajouter à l'influence antique celle de la Bible, car les figures de Gorgias se trouvent dans le parallélisme de la poésie hébraïque. I1 y a tel chapitre des Proverbes qui est entièrement écrit en antithèses balancées. Voici un exemple; je cite dans le texte de Wycliffe, puisque c’est ce texte qui à pu influencer les premiers stylistes de la Renaissance : « A ioiful herte makith glad the face; the spirit is cast doun in the morenyng of soule. The herte of a wijs man sekith techyng; and the mouth of foolis is fed with vnkunnyng. Alle the daies of à pore man ben yuele; a sikir soule is a contynuel feeste. Betere is a litil with the drede of the Lord, than many tresouris and vnfillable. It is betere to be clepid to wortis with charite, than with hatrede to à calf maad fat. À wrathful man reisith chidyngis; he that is pacient, swagith chidyngis reisid. The weie of slow men is an hegge of thornes; the weie of iust men is with out hirtyng. A wise sone makith glad the fadir; and a fonned man dispisith his modir » (Ch. XV, 2 Version).
3. Pour une étude plus complète de l'influence des rhétoriques sur la prose anglaise, voir L. Wendelstein, Beitrag zur Vorgeschichte des Euphuismus, 34 et sqq.).
AG4 JOHN LYLY
Hermogène et, à leur exemple, ils établirent les règles de l’art d'écrire. C’est ainsi que dès le début du XVT siècle t, on vit apparaître en Angleterre de nombreux manuels où étaient révélés les procédés infaillibles pour arriver au grand style. Leonard Cox ouvrit timidement la voie ? ; il fut bientôt suivi par Wilson 3%, par Sherry 4, par Rainolde5 et par Peachamf, pour ne citer que les rhéteurs qui précédèrent Lyly. Or, voici ce que l’on pouvait lire dans ces LHoite=
Paria paribus relata. Egall members are soche, when the one halfe of the sentence, aunswereth to the other, with iuste proporcion of nomber, not that the sillables of necessitie, should be of iuste nomber, but that the eare might iudge them to be so egall, that there maie appere small diffrence. As thus. Lawe without mercie, is extreme power, yet men through foly, deserue soche iustice. Learnyng is daungerous, if an euill man haue it. The more noble a man is, the more gentle he should be. Isocrates passeth in this behalfe, who is thought to write altogether in nomber, kepyng iuste proporcion, in framyng of his sentence 8.
Contrarietie (Contentio). Contrarietie, is when our talke standeth by contrary woordes, or sentences together. As thus. Wee might dispraise some one man, he is of a straunge nature as euer I sawe, for to his frende he is churlishe, to his foe he is gentle : giue hym faire wordes, and you offende hym :
1. 11 faudrait peut-être citer ici la première rhétorique imprimée en Angleterre, le traité en latin que Traversanus écrivit en 1478 (publié en 1480). Mais cet ouvrage appartient par l'esprit plutôt au moyen âge qu'à la Renaissance.
2. Cox (Leonard), The Arte or Crafte of Rhethoryke (1524), réimprimé en 1532. . Wilson, The Arte of Rhetorique (1553).
Sherry, À Treatise of Schemes and Tropes, &c. (1550)
. Rainolde, The Foundacion of Rhetorike (1563).
. Peacham, The Garden of Eloquence (1577). On pourrait encore citer la rhétorique de John Gunthorpe dont le Ms. se trouve à Oxford (Bod., 587). Cf. Einstein, Italian Renaissance, 93.
7. J'emprunte ces exemples à la Rhetorique de Wilson, car c’est de tous ces traités celui qui semble avoir eu au XVIe siècle le plus de succès et d'influence. Il fut réimprimé en 1562, en 1567 et en 1580.