Harrison, Description of England, I
5. I1 faut, en effet, noter qu’'Elizabeth, pendant cette période de malaise, conserva l'affection de son peuple.
au lieu de laisser les abus régner en maîtres dans leurs maisons‘, Le Puritanisme, dans ses ardeurs naissantes, activait cette irritation par ses âpres réquisitoires et, en même temps, il contribuait par ses doctrines à répandre l'esprit d'indépendance. Ainsi s'élimait peu à peu le sentiment de révérence que l'on avait jusqu'alors éprouvé en face de la classe privilégiée; on finissait par perdre la notion des distinctions sociales sur lesquelles était échafaudée la suprématie de la Cour; on entendait exprimer de plus en plus nettement cette idée que ce n'est pas la naissance qui fait le gentilhomme mais la vertu ?, et les pamphlets contre la noblesse devenaient si nombreux qu'Elizabeth dut les interdire par proclamation 5.
Le pays était travaillé par ces idées factieuses lorsque éclata la guerre avec l'Espagne. Cet événement sonna le tocsin dans l'âme anglaise. On vit dans cette attaque des forces espagnoles un avertissement de Dieu pour détourner l'Angleterre de la vie de luxe et de plaisirs qu'elle menait. Les sages qui n'avaient pas cessé de protester contre la dépravation du siècle triomphaient. Ils avaient