‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 290 sur 321 · Works, III · texte numérisé non relu

Works, III

7. J. D. Wilson, dans Cambridge History of Literature, III, 542.

de Lyly. Nous connaissons, il est vrai, la date de publication ; mais, dans bien des cas, cette date est trompeuse. C’est, en effet, une nécessité pour l’auteur dramatique de ne livrer ses productions à l’imprimeur que lorsque leur force d’attraction sur le public est complètement épuisée. Il s'ensuit que la date de publication peut être postérieure de plusieurs années à celle de conception ou de représentation. C’est le cas de la plupart des comédies lyliennes.

Cependant, cette date de publication n’est pas à dédaigner; elle permet d'obtenir un classement provisoire qui doit, vraisemblablement, correspondre à l’ordre de composition, et qui peut, en tout cas, servir de base à la discussion. L'ordre ainsi obtenu est le suivant :

Campaspe, impr. en 1584.

Sapho and Phao, Stationers Registers : 6 avril 1584; impr. en 1584.

Gallathea, Stationers Registers : 1° avril 1585 et 4 octobre 1591; impr. en 1592.

Endimion, Stationers Registers : 4 octobre 1591; impr. en 1591.

Midas, Stationers Registers : 4 octobre 1591; impr. en 1592.

Mother Bombie, Stationers Registers : 18 juin 1594; impr. en 1594.

The Woman in the Moone, Stationers’ Registers : 17 septembre 1595; impr. en 1597.

Loves Metamorphosis, Stationers’ Registers : 25 novembre 1600 ; impr. en 1601.

Pour préciser cette donnée nous avons d’autres renseignements :

a. Les allusions faites par des auteurs contemporains, et qui fournissent parfois des dates certaines avant lesquelles les pièces ont dû être écrites. Ces allusions sont d’ailleurs rares, sans doute parce que, étant destiné à la société aristocratique, le théâtre de Lyly était peu connu en dehors de ce cercle restreint.

b. Les allusions faites dans les pièces à des événements historiques de l’époque. Ces allusions sont nombreuses; mais

on doit les utiliser avec prudence, puisque, dans bien des cas, le sens allégorique des comédies lyliennes est sujet à discussion.

c. Plus précieuses pour notre enquête sont les indications fournies par les in-quarto. Le titre mentionne généralement à l’occasion de quelle fête la pièce fut représentée devant la reine, et donne, en outre, le nom de la troupe qui joua. Comme nous possédons une suite à peu près complète des paiements faits aux acteurs par le 7'reasurer of the Chamber, il est souvent possible de retrouver le jour exact de la représentation à la Cour.

d. Enfin, lorsque ces renseignements sont insuffisants, il nous reste une dernière ressource : l’étude du style. Les maniérismes de Lyly, je l’ai déjà dit, n'apparaissent pas dans toutes les œuvres avec une égale intensité : employés à un dosage très élevé dans l’ Anatomy of Wait, ils diminuent dès l'Euphues and his England; dans Campaspe, ils existent en quantité considérable; ils sont presque absents dans 7'he Woman in the Moone. T’excès étant surtout un défaut de jeunesse, on en peut conclure que ces maniérismes ont dû être en proportion plus grande dans les pièces écrites peu de temps après l’Euphues, et qu’ils ont dû diminuer, au contraire, à mesure que l’auteur, en vieillissant, se rendait mieux compte combien ses procédés étaient artificiels. Pour savoir dans quel ordre furent composées les différentes pièces, il suffira donc de les classer selon la proportion de maniérismes qu’elles contiennent.

En établissant cette liste, 1l faut cependant faire une différence entre les divers procédés de style employés par Lyly. Les uns — comme les comparaisons, le balancement, l’antithèse sont, en quelque sorte, inséparables de l’idée qu’ils expriment, et leur présence dépend beaucoup du sujet traité; les autres, au contraire, — comme l’allitération, les annominations, assonances et rimes, — sont indépendants de la pensée; leur emploi est purement mécanique; leur nombre est constant, quel que soit le sujet traité. Cette dernière catégorie de procédés est évidemment la seule dont on puisse faire état dans une statistique. J’ai done additionné pour chaque pièce le nombre des allitérations, des annominations, des consonances et des rimes, et en divisant par le nombre

de pages j'ai obtenu un nombre proportionnel qui m’a permis de dresser le tableau suivant 1 :

Caipaspe ER 2.41.

Page 1