Fleay, Biographicat Chronicle, II
The Woman in the Moone.
De toutes les pièces de Lyly, The Woman in the Moone est la seule qui soit écrite en vers; et c’est sans doute pour attirer l’attention des spectateurs sur cette particularité que Lyly a dit dans le Prologue :
Remember all this is but a Poets dreame, The first he had in Phœbus holy bower.
But not the last, vnlesse the first displease.
Cependant plusieurs critiques ont voulu voir dans ce passage une preuve que l'he Woman in the Moone était la première des pièces de Lyly. Une pareille assertion n’est guère soutenable. Le style ne contient, pour ainsi dire, pas de maniérismes. [l faudrait admettre que Lyly, après avoir écrit les deux parties de l’£uphues dans la forme que l’on sait, aurait subitement renoncé à ce style dans 7’he Woman in the Moone, pour le reprendre dans Campaspe et y renoncer de nouveau, mais cette fois graduellement, au long de Sapho and Phao, d'Endimion, de Gallathea, etc. Concevoir une évolution aussi sautillante, c’est pécher contre la logique et même contre le bon sens. D'ailleurs, tout nous prouve que The Woman in the Moone est l’œuvre d’un esprit mûr : l’intrigue en est nette et bien conduite, plus étoffée que dans n'importe laquelle des autres pièces de Lyly, Mother Bombie exceptée ; les jeux de mots ont disparu et ont été remplacés par un comique plus naturel, plus profond, qui semble faire écho au rire shaksperien 1; enfin, le vers blanc révèle que Lyly avait subi l’influence de Marlowe.
I] est donc à peu près certain que The Woman in the Moone fut une des dernières productions de Lyly. Mais il n’en est pas moins très difficile de lui assigner une date précise. On peut affirmer qu’elle fut écrite avant le 17 septembre 1595, puisque ce jour-là elle fut déposée à la Stationers Company ?. Le titre ne dit pas qu’elle fut jouée par les Children of Pauls, acteurs ordinaires des pièces lyliennes : il n’est donc pas déraisonnable de supposer que la représentation eut lieu après le licenciement