‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 44 sur 321 · Stale Papers, Eliz. Dom. CLI, n0S 44, 45 et · texte numérisé non relu

Stale Papers, Eliz. Dom. CLI, n0S 44, 45 et

6. En mai 1573, trois des serviteurs d'Oxford assaillirent, entre Gravesend et Rochester, William Fawnt et John Wotton (State Papers, Dom. Eliz. XCI, n° 36). En mai 1580, le Conseil Privé eut encore à s'occuper d’une rixe « betwene the servauntes of th'’erle of Oxforde and the gentlemen of the Innes of the Courtes » (Acts of the Privy Council, N. S., xii, 37). Voir surtout le récit de la querelle avec Knyvet, pp. 126-198.

aussi que l’on avait souvent vu les pages de son escorte se plaindre, les larmes aux yeux, de ce que leur maître exigeait d'eux des complaisances abominables 1. Il ne croyait n1 à Dieu ni à diable; il prenait un malin plaisir à scandaliser son entourage par ses blasphèmes; il faisait des allusions indécentes à la Vierge et jurait à qui voulait l'entendre que la Bible n'avait été écrite que pour effrayer les enfants et les sotst. Bref, le comte d'Oxford incarnait tous les défauts et tous les vices que la noblesse anglaise rapportait de ses voyages sur le Continent; c'était le type le plus pur des Anglais italianisés de l'époque, le vrai « miroir du Toscanisme ».

Assurément, c'était une bien jolie ironie du sort qui vouait au service de cet itahanisant incorrigible le moral auteur de l'Anatomy of Wit. Il serait intéressant de connaître quel singulier concours de circonstances rapprocha deux hommes qui suivaient, semblait-il, des chemins si opposés. Et que ne donnerait-on pas pour savoir de quelles intérieures résignations à la déchéance Lyly paya la faveur d'être protégé par un si puissant et si peu respectable personnage ! Car, dans la foule de flatteurs courtisanesques, de poètes besoigneux, de spadassins sans scrupules qui se pressait autour du sémillant Oxford, Lyly ne pouvait guère conserver ses airs de vieille barbe grondeuse sans encourir le ridicule. Vouloir se singulariser dans un milieu où tout le monde se modelait sur le maître eût été un bien piètre moyen de faire sa cour — nécessité à laquelle Lyly devait désormais se plier s'il ne voulait pas compromettre son avenir.

Nous possédons, en effet, la preuve que Lyly ne tarda pas à se meltre au diapason de ses compagnons de servilité. En 1580, vers le printemps, parut, sous le titre de

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