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dt John William — Frances —= 2,(1623) Wm Thomas Elizabeth ston bp. 3 juillet Browne bp. 21 mai Gregory bp. 17 janv. + 14 mai uth 1600 of Tolthorp 1603 1605 1605 den,
Jane fille — Bulkeley ) 5 nov. of Lancashire
es ouvrages suivants :
Harleian Society Publications, xix, 111; Berry, County Gencalogies, Kent, 261: Th. Blore,
rough Registers; St Bartholomew’s Register; et les testaments donnés dans l’Appendice A.
[To face ». 3]
UNE FAMILLE D'ÉRUDITS AU XVIe SIÈCLE
La famille de Lyly est singulièrement caractéristique de son époque !. Elle commence à sortir de l'obscurité vers la fin du XV° siècle, prenant conscience d'elle-même à la clarté de la Renaissance, et, jusqu’au XVIT siècle, où on la perd de vue, elle ne cessera de fournir des recrues à l’armée pacifique des humanistes. D'origine vraisemblablement très modeste, par son seul et absolu attachement à la cause des lettres, elle finit par atteindre à une notoriété des plus enviables. Elle apporte la preuve de cet adage qui exprime si bien l'esprit de la Renaissance : « le savoir anoblit », et,
1. Le précieux document qui m’a permis d’ajouter ce premier chapitre tout entier à la biographie de Lyly est conservé dans le volume 5805 des Harleian mss. (On le trouvera in extenso dans l’Appendice A, imprimé à la fin de ce volume). C’est une généalogie dressée, probablement au commencement du XVIIe siècle, par Henry Lilly, le Rougerose; c’est dire que son authenticité est indiscutable. Quant à l'identité de l’'Euphuiste et du John Lyly qui figure sur cette généalogie, elle est établie, sans qu’il puisse y avoir de doute, par la lettre adressée à Sir Robert Cecil, le 9 novembre 1598 (V. App. À, pièce xlix), où Lyl1y parle d’un sien frère qu'il qualifie de « chaplayne of ye Savoy ». Or, le Peter Lyly qui, dans la généalogie, est donné comme petit-fils de William Lyly et, par suite, comme frère dudit John Lyly, était, nous le savons par d’autres documents, chapelain ou frère du Savoy (V. Dictionary of National Biography). D'ailleurs, les registres de l’Université d'Oxford ne mentionnent aucun autre étudiant du nom de John Lyly pendant tout le XVIe siècle, le seul Tohn Ly1y qui figure sur ces registres, à part l’'Euphuiste, ayant été admis B. A. en 1608 (A. Clark, Register of the University of Oxford, II, iii, 277). Seul notre auteur pouvait donc revendiquer le titre de « of the University of Oxford », qui lui est donné dans la généalogie.
Mais alors, dira-t-on, d’où vient que Lyly soit inscrit sur les registres de l'Université comme « plebeii filius » (Clark, Reg. Univ. Oxford, II, ii, 51)? Son père, de par sa naissance et de par sa situation (V. page 15), avait droit au titre de generosus ou de clericus. La chose s’explique facilement. Il peut d’abord y avoir eu erreur du scribe. C’est l’un des bedeaux du collège qui était chargé de demander à l'étudiant les divers renseignements qu’il consi-
À. JOHN LYLY
par suite, elle est une frappante illustration des modifications profondes que ce mouvement libérateur, trop souvent considéré sous son seul aspect intellectuel, apporta jusque dans le remaniement des classes sociales ; elle apparaît comme le type de cette aristocratie d'esprit qui, dans le monde régénéré, commença à prendre, en marge de la vieille noblesse, une place élevée et incontestée.
Le fondateur de cette famille n'est autre que William Lyly ‘ le Grammairien, l'ami d'Erasme, de Colet et de Sir Thomas More?. Il naquit, vers 14683, à Odiham, petite bourgade de ce que l’on appelait alors le comté de Southampton. Il fut tenu sur les fonts baptismaux par l’humaniste Grocyn 4, et c'est probablement attiré par son parrain
gnait ensuite sur les registres, et, comme cet interrogatoire était purement oral, on devait commettre bien des erreurs. Mais il y a une autre explication qui, si elle est moins charitable, est plus conforme à certaines pratiques peu scrupuleuses des étudiants élizabethains. Il y avait une échelle graduée des droits selon la qualité du père, un fils de vilain payant moins qu'un fils de gentleman, un fils de gentleman moins qu'un fils de gentilhomme titré, etc. Aussi arrivait-il souvent que des étudiants de très bonne famille manifestaient, aux époques où il fallait acquitter les droits d'inscription ou d'examen, un mépris insolite pour les privilèges de la naissance (surtout si « leur bourse manquait de croix pour chasser le diable », comme l’on disait dans le langage de la bohême de l'époque), et on les voyait revendiquer avec empressement cette qualité de roturier qui, en d’autres occasions, les eût fort humiliés. De pareils abus étaient si fréquents que les autorités universitaires s’'émurent et essayèrent, en 1575, de les enrayer par un décret. Lyly se rendit vraisemblablement coupable de cette peccadille. Il se trouvait d'ailleurs en excellente compagnie : son cas est certainement moins étrange que celui de Thomas Bastard, dont les aïeux se perdaient dans les lointains obscurs du XIe siècle, et qui pourtant figure sur les registres, à l’année 1586, avec la même appellation de plebeii filius (Cf. Clark, Reg. Univ. Oxford, II, i, XXV, et Wood, Athenæ Oxonienses, II, 227).
1. C’est ainsi que doit s’écrire le nom. Cette orthographe se retrouve régulièrement dans les testaments de William et de Peter, et dans tous les documents portant la signature autographe de notre auteur (V., par exemple, App. À, xli, xlvi, xlvii, etc).
2. Dans une lettre à Colet, More appelle Lyly « my beloved sharer in all my concerns » (Cité par Lupton, Life of Cotet, 146).
3. Dans l’épitaphe écrite par son fils, il est dit qu’il mourut en 1522, à l’âge de 54 ans (W. Dugdale, Hist. of St Paul’s Cathedral, 41).
4. A. Wood, Athenæ Oxonienses, I, 31. C’est à Anthony Wood que sont empruntés la plupart des faits relatifs à la vie de William Lyly, sauf mention contraire.
que le jeune William, vers l’âge de dix-huit ans, entra à Magdalen College (Oxford), car Grocyn, déjà connu pour son érudition, y professait la théologie. Dès son adolescence, il manifesta pour le sacerdoce un penchant décidé t; et c'est pourquoi, lorsqu'il eut pris ses grades universitaires, poussé par de saintes ardeurs, il endossa l’habit de pèlerin pour aller faire ses dévotions sur le tombeau du Christ. Après avoir visité Jérusalem et purifié son âme, il s'en retourna vers l'Europe par la voie de Rhodes. L'île était alors au pouvoir des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem et offrait aux chrétiens un séjour plein de sécurité; en outre, depuis la prise de Constantinople, elle servait de refuge à toute une colonie savante dont la présence contribuait à en faire une Athènes moderne ?. William Lyly, dont le cœur était sans doute déjà partagé entre la dévotion aux letires païennes et la foi aux croyances chrétiennes, séduit par l'attrait de s'instruire, s'arrêta à Rhodes pour y apprendre la langue grecque. Puis, quand :l la posséda suffisamment, et de plus en plus assoiffé de savoir, 1l se dirigea vers Rome, où, sous la discipline de Sulpitius et de Pomponius Lætus Sabinus, pédagogues célèbres, 1l passa maître dans la langue de Cicéron. Chargé de ce riche butin intellectuel, formé à l'école des plus grands savants, William Lyly avait maintenant terminé son éducation el rentra à Londres, type accompli de l'humaniste : il partageait avec Grocyn et Linacre l'honneur d'être un des premiers grécisants de son pays ÿ.
Il semble pourtant qu’il ait tout d’abord songé à suivre ces mouvements intérieurs qui, nous l’avons vu, le sollicitaient à la vie religieuse. Le 1° juin 1492, un William
1. Stapleton a dit de Sir Thomas More : « Meditabatur adolescens sacerdotium cum suo Lilio » (Tres Thomae, p. 18).
2, Biographia Brilannica, art. Lyly (William). 3. Lupton, Life of Colet, 170.
Lyly scholaris fut nommé à la cure de Holcote, dans le Northamptonshire, par John Kendall, prieur de l'hôpital de Saint-Jean de Jérusalem t. Mais si ce Lyly est vraiment le nôtre ?, il renonça bientôt à son bénéfice 5. Sa vocation réelle l’appelait à d’autres destinées : il se fit pédagogue et « enseigna la grammaire, la poésie et la rhétorique ».
La réunion de ces trois mots surprend aujourd'hui; à la fin du XV° siècle, elle était toute naturelle. Pour les pionniers de l’humanisme, le verjus avait autant de saveur que le fruit mûr, et la grammaire, avec son cortège de déclinaisons et de conjugaisons, apparaissait comme l'unique guide vers la « parfaite littérature ». Parce qu'en elle on voyait le moyen de devenir de « grands clercs # », on la confondait facilement avec l'essence de la beauté, et elle enthousiasmait. Des ambitieux comme Wolsey ne trouvaient pas indigne de commencer leur carrière dans une salle d'école. Et Lyly, voyageur éclairé, savant accompli, reçu dans l’intimité de tout ce que le monde des lettres avait alors de plus illustre, jusqu'à la fin de sa vie n'eut d'autre rêve que de se consacrer à l'éducation de ses compatriotes, voulant « former des grands hommes 5 » sans chercher à l'être luimême.
1. Kennett, dans Bloxam, Register of Magdalen College. IV : The Demies, i, 22-23.
2. IL y avait, en effet, vers 1490, un autre William Lyly qui était dans les ordres, ainsi que le prouve une épitaphe dans l’église de Saint Faith. Cf. Lupton, Life of Dean Colet, 170 n. D'autre part, puisqu'il se maria, Lyly n'avait dû prendre que la tonsure qui, si elle était suffisante à l’époque pour atteindre aux hautes dignités ecclésiastiques, n’obligeait pas au célibat.
3. En 1495, d’après Bloxam, Reg. Magd. Coll. IV : The Demies, i, 23.
4. Voici en quels termes Colet recommandait à ses élèves de Saint-Paul la grammaire latine qu’il avait composée en collaboration avec Lyly et Erasme : « Wherfore I pray you, al lytel babys, al lytel chyldren, lerne gladly this lytel treatyse, and commende it dylygently vnto your memoryes. Trustynge of this begynnynge that ye shal procede and growe to parfyt lyterature, and come at the last to be gret clarkes » (Colet’s Aeditio. À lytel proheme to the boke).
5. L'expression est de Dodd (Church History, I, 207). Parmi les hommes célèbres formés à l’école de Ly1y, il faut citer : Sir Anthony Denny (1501-1549),
Ce mélange intime d'érudition, de modestie et de vertu semble avoir constitué le charme particulier de cette curieuse figure, car tous les contemporains de William Lyly ont rendu hommage à ses bonnes mœurs en même temps qu'à son savoir. C'est parce qu'il était à la fois « honnête, vertueux et versé dans la pure littérature‘ » que Colet se l’attacha comme directeur de l’école de Saint- Paul?. Richard Pace, dans une lettre à ce même Colet 3, le félicitait d'avoir su choisir comme collaborateur « honestissimum simul et peritissimum virum », « cujus vita moresque sunt probatissimi », et qui, dans un âge de barbarie, semblait avoir introduit en Angleterre « politiorem latinitatem, atque ipsam Romanam linguam ». Polydore Virgile l’a qualifié de « vir integer vitae scelerisque purus # ». Becon a cité 5 avec enthousiasme cette maxime extraite du Carmen de Moribus 6 et qui, en effet, éclaire singulièrement le caractère de cet homme de bien : « Puerum nil nisi pura decent ».
favori de Henry VIII; Thomas Lupset (°?1498-1530), ami et collaborateur d'Erasme, de More, de Linacre et de Pole; Edward North, first baron North (2 1496-1564), conseiller privé sous Edward et sous Mary, père du traducteur de Plutarque; Nightingale, auteur du De Obitu Johannis Coleti Carmen et des 1n Mortem Gulielmi Lilii Elogiae; Sir William Paget (1505-1563), conseiller d'Etat et ambassadeur, favori de Henry VIII, etc., etc. (V. Wood, Athenæ Oxonienses, sous les différents noms).
1. Voici, d’après les statuts établis par Colet pour son école de Saint-Paul, quelles devaient être les qualités du directeur : « À man hoole in body honest and vertuouse and lernyd in the good and clene laten litterature and also in greke yf suyche may be gotten a weddid man à single manne or à preste that hath no benefice with cure nor seruyce that may lett his due besynes in the Scole » (Lupton, Life of Colet, 27).
2. Probablement vers 1509. Les historiens ne sont pas d'accord. D'après Gardiner (Admission Registers of Saint Paul’s, etc.. 7), la nomination daterait de 1512. Mais George Lyly dit 1509, Holinshed donne 1510 et Stowe 1512. Lupton (Life of Colet, 162 n. 1) explique ces différences en faisant remarquer que les historiens anciens adoptent telle ou telle date selon qu'ils ont en vue telle ou telle phase de la fondation, qui dura en effet plusieurs années.
3. En tête de Ricardi Pacei...… De FTructu qui ex doctrina, etc., 18-14. Voir aussi ce que dit Beatus Rhenanus (£pistola ad Bilibaldum, 5-6).