‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 97 sur 321 · D'après Arber, Introductory Sketch · texte numérisé non relu

D'après Arber, Introductory Sketch

6. Le titre du premier était le suivant : Oh read over D. Iohn Bridges, for it is a worthy wcrke : Or an epitome of the fyrste Booke of that right

LYLY ET MARPRELATE F1 ke

mais sans nom d'éditeur. Au milieu de la lourdeur somnière qu'avaient jusqu'alors répandue sur la dispute les savantes dissertations théologiques des adversaires, les pelits pamphlets claquaient comme une paire de gifles appliquées d’une main preste. L'auteur faisait de vive et brutale besogne; toutes les armes lui étaient bonnes pour exaspérer ses ennemis : raisons et railleries, discussions théologiques et arguments ad hominem, menaces grossières et syllogismes persuasifs, le tout assaisonné d’injures variées. John Whitgift, archevêque de Cantorbéry, John Aylmer, évêque de Londres, Thomas Cooper, évêque de Winchester, et quelques autres confrères de moindre éminence étaient personnellement pris à partie et fort maltraités; aucun scandale vrai ou faux de leur vie privée n'était négligé, leur érudition était disséquée, leurs vices mis à nu.

On peut imaginer la stupeur et l'inquiétude des évêques, lorsqu'ils virent ce pamphlet sorti d’une presse mysté-

worshipfull volume, written against the Puritanes, in the defence of the noble cleargie, by as worshipfull a prieste, Iohn Bridges, Presbyter, Priest or elder, doctor of Diviltitie, and Deane of Sarum. Wherein the arguments of the puritans are wisely prevented, that when they come to answere M. Doctor, they must needes say something that hath bene spoken. Compiled for the behoofe and overthrow of the Parsons, Fyckers, and Currats, that have lernt their Catechismes, and are past grace : By the reverend and worthie Martin Marprelate gentleman, and dedicated to the Confocation house. The Epitome is not yet published, but it shall be when the Bishops are at conuenient leysure to view the same. In the meane time, let them be content with this tearned Epistle. Printed oversea, in Europe, within two furicngs of a Bounsing Priest, at the cost and charges of M. Marprelate, gentleman. Le second inquarto avait même titre jusqu’à : « By the reverend and worthie Martin Marprelate gentleman ». Puis il continuait comme suit : « And dedicated by a second Epislle to the Terrible Priests. In this Epitome, the foresaide Fickers, etc., are very insuffciently furnished with notable inabilitie of most vincible reasons, to answere the cauill of the Puritanes. And lest M. Doctor should thinke that no man can write without sence but his selfe, the senceles titles of the seueral pages, and the handling of the matter throughout the Evpitome, shewe plainely, that beetleheaded ignoraunce must not liue and die with him alone. Printed on the other hand of some of the Priests ». Pour distinguer ces deux in-quarto, généralement on appelle le premier « The Epistle », le second « The Epitome ».

rieuse se répandre avec rapidité dans toute l'Angleterre, et pénétrer jusque dans la chambre de la reine‘. Mais leur pouvoir élait immense ; ils avaient entre les mains le contrôle absolu de la presse?; ils crurent qu'il serait facile à leur dictature de découvrir et de punir l’auteur de ces attaques irrévérencieuses. Ils avaient compté sans l'énergie et la ruse de l’énigmatique Marprelate. C’est en vain qu'ils mirent en œuvre tous les moyens pour se faire livrer l'auteur et l’imprimeur, et qu’un ordre royal défendit même de « lire, posséder, écrire ou imprimer semblables libelles 3 »; c'est en vain qu'ils essayèrent d’étouffer le pamphlétaire sous le poids d’une indigeste réfutation # : Marprelate restait introuvable. Sa presse vagabonde parcourait l'Angleterre en tous sens 5, et, profitant de toutes les complicités, lançait pamphlet sur pamphlet, comme autant de coups de trique assénés sur la tête de ses adversaires 5. Son courage et son audace, éveillant l’enthousiasme, déterminaient de nombreuses conversions : l’épiscopat impuissant était en fort mauvaise posture.

Quand les évêques virent que la force ne pouvait avoir raison de leur ennemi, ils changèrent de tactique. Ils

1. Essex en donna un exemplaire à la reine (Codrington, Life & Death of Robert Earl of Essex, dans Harleian Miscellany, I, 219).

2. Par un décret de la High Commission Court, daté 23 juin 1586, la censure de la presse avait été confiée à l'archevêque de Cantorbéry et à l’évêque de Londres (Arber, Introductory Sketch, 50).

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