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Masque of Shadow, Poeticals works, J. Payne p

L'harmonie trop riche de leurs vers pourrait aussi attirer cette accusation à Payne et à Swinburne.

Mais Payne,surtout dans ses dernières poésies, avait un tel souci de l’idée que la pensée fit elle-même la musique du vers, le rythme du vers n’étant que création subconsciente.

La musique fut une partie essentielle de sa versification. Il crut que la fantaisie poétique doit être encadrée dans les bornes étroites qu'imposent la rime et le rhyme. Il faisait peu de cas du vers libre des poètes modernes, comme Walt Whitman et E. V. Lucas, qui ont rejeté avec dédain la rime

et le mètre et qui se fient à la cadence de leurs strophes pour en faire sentir l'effet. Qu’aurait-il pensé de l’art futuriste! Il comprit comme Matthew Arnold et FitzGerald que la rime à un charme propre, le délice de l'attente, et il a usé de beaucoup de variations pour rehausser ce charme tout en différant l’arrivée du son attendu.

Il multiplia les accents toniques dans ses vers, par l’emploi des voyelles longues ouvertes et de l’idiome anglo-saxon, pour attarder le mouvement de la pensée, et,au contraire, pour accélérer le mouvement de son récit des voyelles courtes et de l’idiome roman. Il change la mesure et la forme de la - stance pour changer l’allure et le ton dans The Rime of Melisande par exemple. Sa phrase se plie à toutes les exigences du thème.

Il a employé des similitudes beaucoup plus souvent dans ses premiers essais, que dans les derniers. Tous les procédés de la versification sont copieusement employés dans l’œuvre de Payne; la métaphore, l’onomatopée, l’antithèse, la répétition, la rime double, la rime triple intérieure, l’a$sonance et les mesures mixtes. Payne fut, en effet, artiste consommé dans tous les procédés de la versification.

Outre la ballade et le sonnet (il en a écrit cinq cents, avec toute la variété possible de rimes) dansles autres genres aussi, il était comme chez lui — chant royal, rondeau, rondel, virelai, villanelle, hyrielle, pantoum. — Les Français sont les meilleurs juges de ses poèmes originaux en français, c’est-àdire ceux à Théophile Gautier, Ballade à Villon, Ballade aux

critiques. Fin d'amour et la poésie satirique Cromwell-Bilboquel'. Swinburne aussi a écrit des vers en français dont les meilleurs sont peut-être Le Navire et Après lant de Jours. Dans Carol and Carence? se trouve Fin d'Amour poème écrit. en vers alexandrins.

Payne comme artiste de mots a subi l'influence de Gautier. Tous les deux surent le parti qu’on peut tirer « d’un mot mis en sa place », tous deux connurent le prix de la propriété des termes, tous deux obtinrent dans leurs phrases de la couleur et du pittoresque par des mots choisis avec soin et des locutions imagées. Payne reprend de vieux mots dans Spenser, et dans les écrivains de l’ère d’Elisabeth.

Son musical arrangement de noms propres est digne de remarque. Dans le sonnet Quid novt fert Africa® se trouve lé vers :

« Still for things new and strange look we To Egypt Barbary Tripoli ».

On entend la musique de mots tennysonienne dans :

« T’ve dallied with Selma Zuleika and Leila Shireen

But all light of heard and unstable of saïl aye Have seen ».

Ce qui est vrai au sujet de l’énumération des servantes de la Vierge dans le Blessed Damozel de Rossetti :

« With her five hand maidens whose names Are five sweet symphonies Cecily, Gertrude, Magdalen Margaret and Rosalys ».

est vrai aussi des vers de Payne déjà cités. N'importe quelle altération dans l’ordre des mots en gâte l'harmonie. Il y a

12 Exotica, Poetical. Works, J. Payne, vol. II p. 206. 9. Carol and Cadence, John Payne, p. 200.

d’autres combinaisons possibles, mais il n’y en a point qui produise le même effet musical.

C’est la richesse d’allitérations qui distingue les vers de Payne. Sa facilité dans ce genre de procédé est aussi sa faiblesse, car le lecteur est disposé à croire, qu’il en est trop riche pour n'être pas quelque peu artificiel. Il est possible que Payne fut d'avis que allitération était un goût primitif, faisant appel aux instincts, et,par conséquent, une qualité essentielle de la poésie. Sa pratique donne lieu de croire que telle était sa théorie, car dans beaucoup de ses sonnets chaque vers contient des allitérations, tantôt d’un éclat indiscret, tantôt aussi délicates que les couleurs de la soie chatoyante. Nous ne voulons pas inférer que son allitération soit jamais faite sans art et de l’espèce dont Shakespeare se moque quand il fait dire à Quince dans la pièce € A Midsummer Night’s Dream (Songe d’une nuit d'été) :

« Whereat with blade with bloody blameful blade He boldly broached his boiling bloody breast ».

mais on ne peut nier qu'il ait parfois, comme Swinburne, attaché trop d'importance à ce procédé de versification. A Child’s Laughler par Swinburne fournit un bel exemple de cette faute swinburnienne.

« Welling water’s winsome word.

Wind in warm wan weather ».

Pope aussi, avait fait trop de cas de ce procédé, comme par exemple dans le vers suivant :

€ Up a high hill he heaves à huge round stone ».

On pourrait juger, par des exemples que nous nous contentons de signaler 1c1, combien Payne s’était adonné à ce procédé.

« Knelling the nothingness of stress and strife ».

(London Voices, Carol and Cadence, p. 87); « And all the fiends of flood and fury rave ».

(Sea Shore, Way of the Winepress, p. 27);

In the wind whitened ways ».

(March Magic, Ibid., p. 13); « Who goeth agloom in the gladsome day »

(Sir Winfrith, vers 7);

€ His brows are bound with the thorns of thought »,

(Ibid., vers 23); The brakes are ablaze with the blossom tide »,

(Ibid., vers 6 });

ES

The ghouls fare forth unto the feast », (Lauirec, stance 13);

€ The roar and the reek for the peace of the peak »,

(Carol and Cadence : Songs of the Morrow); « And be with madness mortiferous stricken »,

(Procal Este!) Way of the Winepress, p. 51); « Though rough it is blent, with the blandness of ruth »,

(« Initroit », Way of the Winepress, p. Ll); Come swift sweet sisters, Our witch wife trysters »,

Wide winged we travel, through the thin foam ravel »,

Cependant, ce que le mot a d’inévitable, sa valeur et sa place dans l’expression d’une idée particulière expliquent du moins quelque peu sa richesse d’allitérations, et ce qui paraît d’abord artificiel n’est que l’expression spontanée d’une musique de mots résultant du rythme du vers. L’allitération fut un procédé facile à un poète qui était de plus un si grand artiste de mots.

Il a su produire des effets frappants et subtils par le moyen des sons au commencement, au milieu, et à la fin des mots, comme par exemple dans les vers suivants :

« The sad dead watch beside the door », « Like ship folk sailing an ensorceled sea», (« Consistency », Way of theWinepress, p. 27); « The careless courtship of the Prime », (Carol and Cadence, p. 24); « The Nightingale’s note and the howlet’s hoot », (Sir Winfrith, vers 252); « The summer splendours, the Autumn’s peace », (The Way of the Winepress, p. 97

Ses vers ont une virtuosité mélodique, lorsqu'il est simple et direct, surtout quand il s’agit de faire, dans la ballade par exemple, un récit rapide en style énergique; mais quand il n’a pas d'histoire à conter ou quand il fait halte à une étape de son récit, sa tendance à peindre avec des mots de couleur et de son, tout en reproduisant une harmonie qui plaît beaucoup quelquefois, amollit ses vers et en alourdit le son. L’attention du lecteur s’écarte du rythme du vers, et va aux perles isolées, qui brillent dans les volutes compliquées de ses vers. On a adressé à Swinburne une semblable critique, et pourtant les gemmes dont se sert Payne sont pour la plupart beaucoup plus étincelantes que celles de Swinburne.

Ses ballades à part, les vers de Payne sont plutôt harmonieux que mélodieux. Voici un bel exemple de mélodie tiré de son poème Hey for Arcady :

« From the mast the sail unbind «What were feater soul for thee.

Than à trip to Arcady

Come, whilst yet the Fates are kind Sky serene and favouring wind Launch upon the laughing sea Heart at ease and fancy free Hope before and fear behind !

Yonder in the golden West

Where the ocean joins the sky Yonder in the seas of rest

Lo ! the Golden islands lie

To those sojourns of the blest

Let us journey you and I ».

La virtuosité d'harmonie de ses vers, on la doit à son souci du son de ses vers, comme d’une chose à part, qui n'avait point affaire au rythme, à son emploi des voyelles d’un ton

plein, comme Swinburne: et Tennyson qui entendit murmurer

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