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Il est certain qu'en ce temps-là John Payne n'eut pas de raisons de se plaindre de la presse, ni de quelque manque d’encouragement du cercle où il vivait alors.
John Payne appartenait à l’école romantique. Tennyson, parmi d’autres en Angleterre, avait dirigé la révolte des romantiques contre la poésie habile, sèche et intellectuelle de Dryden et de Pope. Il domina tous ses contemporains et fut pendant la moitié du siècle l’inspirateur de la forme et de la diction poétiques.
Il dut subir la critique hostile des rédacteurs du Quarterly Review et du Blackwood Magazine; ses talents furent enfin reconnus et Wordsworth lui-même, critique peu généreux envers ses collègues, dut reconnaître sa grandeur. Dans Lyrical Ballads et dans la Préface, quoique ses vers ne fussent pas aussi mélodieux que ceux de Tennyson, Wordsworth avait proclamé la révolte au nom de la liberté contre les restrictions artificielles de la poésie du xvin® siècle, surtout des vers des disciples de Pope et de Dryden, par son emploi du langage de chaque jour, et cela, malgré la théorie énoncée par Johnson que la poésie était un langage spécial et à part. La pratique de Wordsworth s'accorde, en ce cas, avec celle des poètes français dont le vocabulaire poétique ne diffère guère du vocabulaire usuel.
Samuel Taylor Coleridge avait introduit dans ses vers la philosophie transcendantale de Kant, et accéléra ainsi le mouvement romantique en Angleterre. Son insistance sur l'accent plutôt que sur la scansion métrique et son style archaïque furent des procédés employés plus tard par Swinburne et Rossetti.
Sir Walter Scott, Lord Byron, Shelley, Keats, tous avaient joué leur rôle particulier dans l'émancipation de la poésie anglaise.
Matthew Arnold, quoiqu'il fût passionné pour Wordsworth ne possédait point l’optimisme de celui-ci et sa foi dans’ l'humanité. Il fut classique d’esprit et d’expression, et bien qu’il se trouvât, comme dit Mr Saintsbury, dans la lignée filiale de Milton et essayât d’établir un idéal néo-classique en