‹ John PayneChapitre 9 sur 105 · Nineleenth Century Literature, Saintsbury, p · texte numérisé non relu

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l’art gothique et Rossetti fouilla dans l’art italien pour y puiser l'inspiration. L'œuvre de Christina Rossetti, bien qu’elle soit. caractérisée par le choix entre ses sentiments d'une façon presque digne d’Arnold lui-même, fut d’inspiration essentiellement préraphaëlite par son mysticisme extasié et passionné, et par son amour du détail. Son poème Goblin Market et Atalanta in Calydon de Swinburne remplacèrent dans l'admiration du public Enoeh Arden, poème de Tennyson adoré auparavant. Swinburne chercha de l’inspiration chez les classiques, chez les écrivains du temps d’ElNisabeth, dans les écoles de Victor Hugo et de Baudelaire, dans $a révolte contre la douceur coulante et pompeuse de Tennyson. Quant à ses méthodes de composition, il fut assurément préraphaëlite. Sa pièce en un acte Rosamond est d’après le style de cette école — des figures obscures dressées contre un arrière-plan de couleur éclatante.

Les traits principaux de l’école ont été admirablement résumés par Mr Gosse dans ses observations sur le Roubayyat d'Omar Khayyam de FitzGerald : « la même revendication des éléments sensuels dela littérature», dit-il, «la même obéissance à la demande d’une musique plus riche, d’un aspect de mœurs plus passionné, la même résolution d’envisager les problèmes de la vie, et d’en trouver la consolation dans l’art, qui se montrent dans le Roubayyat, se retrouvent dans les romans, drames, sonnets et chants des quatre amis plus jeunes» dont on a déjà fait mention.

C'était ce cercle qui fit toujours bon accueil à Payne et à son œuvre. The Masque of Shadows, Inlaglios et Songs of Life and Death, publiés en 1872 reçurent de ces écrivains un chaleureux accueil. Dans ses Chants de Vieelde Mort il est intéressant de noter que Payne,dans un poème intitulé La France, a exprimé non seulement sa sympathie envers elle dans les affres de son agonie pendant l’invasion allemande de 1870, mais il a prédit également le jour où l’Angleterre s’allierait avec elle « pour tordre au voutour dans son repaire son double cou ». La Grande-Guerre a justifié cette sorte de prédiction.

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C’est à propos de ce poème que Théodore de Banville écrivit dans Le National. « Quel courage il fallait alors, pour élever seul la voix en notre faveur, seul à le faire en Angleterre et peut-être en Europe ».

Tennyson, Matthew Arnold, D. G. Rossetti et Swinburne reconnurent le mérite de ses poèmes. Dans une lettre du 6 mai 1872 à Payne, Rossetti, tout en admettant l’habileté accoutumée de l’auteur, indiqua comme il l’avait déjà fait dans sa lettre du 7 septembre 1870 en accusant réception de The Masque of Shadows, le péril que courait l'imagination de John Payne de divaguer et lui conseilla de ne jamais écrire que pour donner corps à une conception nette et distincte.

L'étoile de Payne montait sans cesse, et allait toujours croissant. Il entretenait une correspondance avec Théodore de Banville qui l’invita à venir le voir à sa prochaine visite à Paris. Banville écrivit le 5 février 1872 pour remercier Payne de sa traduction admirable en anglais de deux de ses ballades.

Une stance manquait au texte français utilisé par Payne et par conséquent il en écrivit une nouvelle pour combler la lacune. Banville en fut trèscontent et ajouta dans sa lettre. « Combien il y a peu de poètes qui puissent dans leur propre langue remplacer aussi habilement que vous une stance oubliée d’une ballade. Rien ne peut mieux révéler vos dons merveilleux de poète ».

Il avait déjà connu Mallarmé à Londres, à l'époque où ce dernier traduisait le Raven d'Edgar Allen Poe. Ils devinrent amis sincères. Dans la dédicace de la troisième édition du Villon de Payne, l’auteur fait allusion à Mallarmé comme à «une des plus douces âmes qui ait jamais sanctifié l’humanité ». Quand Théophile Gautier mourut en 1872 l’éditeur Lemerre demanda à Payne d'écrire un poème pour le volume Le lombeau de Théophile Gautier qui fut publié en 1872. Victor Hugo, Anatole France, François Coppée et Swinburne contribuèrent à cet ouvrage.

En 1873, Payne visita Paris et habita chez M Ses prouesses postérieures dans l’art culinaire remontent aux

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leçons qu’il avait reçues alors de Mme Mallarmé. Durant son séjour à Paris, il fréquenta l'élite du monde littéraire français, Leconte de Lisle, Théodore de Banville, François Coppée, Victor Hugo, Maurice Bouchor, Anatole France, Villiers de l’Isle-Adam et Jules Laforgue. Il connut aussi Henri Cazalis, Auguste Vitu, autorité reconnue au sujet de Villon, Emile Blémont et Augusta Holmes. Apprécié par eux sans. réserves 1l fut aussi constamment encouragé pendant toute sa vie par les éloges et par la critique salutaire de sa sœur Annie (Mrs Mostyn Pritchard).

En 1874 Payne fut quelque temps épris d'Emma Lucy, fille de Ford Madox Brown. Elle éprouva pour lui un respect sincère, mais quand elle devint la femme de William Rossetti, Payne oublia bientôt l’amour passager.

Durant cette année il écrivit un essai sur Rabelais demeuré manuscrit. Un événement plus grave se produisit alors, qui devait produire sur Payne un effet permanent. Mrs Snee, dont nous avons parlé, l’inspiratrice du Triumviral, fut tout à coup arrêtée pour tentative de suicide avec l’aide et la connivence d’un jeune étudiant en médecine, William Kingston Vance. Celui-ci avait répondu à une annonce de Mrs Snee dans le Daily Telegraph du 18 février 1876. Ce fut un coup terrible pour Payne et pour O’Shaughnessy, qui tous les deux vinrent en aide à leur idole. Payne n'avait pas vu Mrs Snee depuis un an, par suite d’un changement d'adresse et aussi de l’occupation que lui donnait la traduction de Villon en vers anglais. Il paraît que sa santé s'était fort affaiblie et que son esprit en fut déséquilibré. Férue de chimie, elle avait évidemment voulu avoir à portée de sa main un poison mortel pour l'instant où la vie lui deviendrait insupportable.

Payne remplit auprès d’elle les fonctions d’avoué et travailla jour et nuit à la préparation de sa défense. La première audience eut lieu à Bow Street le 21 avril 1876. Payne dans une lettre du 27 avril à O’Shaughnessy écrivait: «... Vous avez raison de supposer que le travail continuel et nécessaire a été pour moi un grand soulagement; cela seul a

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