‹ John PayneChapitre 92 sur 105 · RD + AE · texte numérisé non relu

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trouvent dans la préface d'Omar Kheyyam sont particuliérement intéressantes à la lumière du quatrain que nous venons de citer. Il avait la même sincérité intellectuelle, la même mélancolie raffinée et la même loyauté envers le vrai que Matthew Arnold.

Aussi importante est chez lui l’insistance avec laquelle il explique sa méthode de chercher le vrai. C’est en parcourant le chemin qui conduit au beau, et à l’idéal qu’on trouve enfin la vérité. Comme Keats qui dit :

« Beauty is truth, truth beauty that is all We know on earth, and all we need to know 1. »

et la fenêtre que, comme Shelley il ouvre sur le monde invisible, et au delà des sens, est parfois treillissée d’une façon étrange. Ce monde invisible est pour Payne et pour Platon plus réel que le monde matériel. Il perçoit comme Nietzsche et selon la sagesse de l’Upanishad que la vie en son essence l’emporte sur les conditions qui la limitent :

L « Let each the light Follow of his soul, o’erdarkened by no wraith Of man made duty ».

La force motrice d’une vie idéaliste est fournie par l’imagination à laquelle Payne donne le rôle le plus important :

« Imagination is the spirit’s light Without it, through Life’s pageant deaf and blind We pass, all hearing as a babbling wind AXE All seeïng, as a cloud rack in the night.

It is the spur that vivifies the mind The vessel of the soul sticks fast and stands.

1. La beauté est la vérité, la vérité est la beauté, c’est tout ce que nous savons ici-bas, et tout ce que nous avons besoin de savoir. Ode en a Grecian Urn, dernière stance, J. Keats,

Except it urged and furthered over Life’s sea Be by imaginations driving wheel !. »

Elle métamorphose le vice matériel d'ivresse en une extase spirituelle :

« Make thy choice O servant of the highest Sick at heart and sober with the Real

All thy life to languish or instead

Day and night, to be until thou diest Drunken with the wine of the ideal. »

Il n’a point de goût pour la fixité rigide des principes qui est la marque d’un esprit médiocre et borné. Il fait appel à la nature et lui demande de le diriger car « facts pass, but the truth abides? ». L'âme, c’est la vérité, la foi, les opinions, ce ne sont que les faits.

« Nor can thought constant to one creed remain Being but à function of the changing head Thus changing with the changing body we Like shipfolk sailing an ensorceled sea

: Whose compass varies with the varying poles New faiths adopt, beliefs opinions goals And why, à show of vain consistency To keep, should we be false to our own souls3. »

Le poète, non seulement, indique la force motrice d’une vie : idéaliste pendant la vie, mais il nous conseille une méthode ici-bas; il nous donne un commandement sage et précieux pour atteindre au but. Ce commandement surpasseles limitations tout à fait païennes et le « nihilisme raffiné » exprimés dans les vers exquis de Swinburne, et vaut beaucoup plus que le désespoir ténébreux de Francis Thompton. Celui-là chante dans un rythme d’une virtuosité mélodique.

1. Life’s motive Force. The Way of the Winepress, p. 25, 26, J. Payne. 2. « Les faits passent, mais la vérité demeure ». 3. Consistency. The Way of the Winepress, J. Payne, p. 26-27.

SAR Le AS

: « From too much love of living From hope and fear set free We thank with brief thanksgiving What ever gods may be That no life lives for ever That dead men rise up never

- That even the weariest river Winds some where safe to sea! »

Celui-ci, exprime dans les vers suivants une misère poignante et un désespoir outré :

« Speak not of confort, where no comfort is Speak not at all. Can words make foul things fair Our life’s à cheat, our death a black abyss

Hush and be mute envisaging despair? »

Le commandement de Payne, sent la hardiesse de Nietzsche, la sagesse de Rabelais et la phiosophie d'Omar Khayyam. Son sonnet À New Commandment exprime la quintessence de sa philosophie; il y résume son conseil aux hommes, de vivre conformément à la plus haute lumière de l’âme, avec la spontanéité insoucieuse et absolue d’un oiseau chanteur.

« That which thou dost, do lightly, let the wings Of music lift thine every thought and act Unhampered be of common folk and things And for thy laws of life unto. the springs

Of thought resort, nor let thy soul be wracked By fear of men’s approof, and sanction lacked But live thy life out as à linnet sings

Cast back wont’s cloud wrought curtains; let the sun Shine on thy life. The world’s an ass that plods Still to the shadow of things fordone.

Do grave things gladly, set this farce of strife

To song and let the rhythm of thy life

Follow the dancing foots teps of the Gods *. »

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