‹ John PayneChapitre 94 sur 105 · MEN · texte numérisé non relu

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sonnets, qui ne sont pas nombreux, il est vrai, méritent d’être rangés près de ceux des meilleurs sonnettistes anglais, Shakespeare, Milton, Wordsworth, Mrs Browning, Keats et Rossetti. Il trouva dans la ballade une forme de vers, qui s’accordait bien avec son génie particulier. Il y est admirable. Il possède le don de Coleridge, — celui de raconter une histoire, et de s’attacher fortement son auditoire. Il a une faculté merveilleuse pour exprimer la vitesse par l’image le don du pathétique et de l'énergie. Il possède aussi le don de suggestion, et il répand sur toute son œuvre le charme d’un clair de lune mystique, tant aimé des Préraphaëlites. Comme le peintre Rembrandt, sa couleur prédominante est le brun et la grisaille de l’âge mûr. Son grand mérite, c’est la spontanéité. La musique de ses vers jaillit du fond de son être. Il ne pouvait corriger que bien rarement. Sa poésie lyrique est empreinte de la mélancolie d’un penseur profond, mais désenchanté. Sa contribution spéciale est, sans doute, d’avoir ressuscité des mots qui étaient depuis longtemps tombés en désuétude, et il doit être reconnu par la postérité comme l’homme qui avait essayé, ainsi que Chancer et Spenser, d'enrichir sa langue maternelle des pierreries recueillies dans les régions oubliées du passé.

Quelques-uns de ces mots retrouvés ‘peuvent sembler quelque peu rudes aux oreiïlles modernes, par exemple « The unbridled stirth of genderance », « gear and graith », « brumous steppes ». Comme Spenser, il a couru le risque d’être mal compris par ses contemporains. Dans son autobiographie1 il dit : « Les critiques se sont beaucoup trop souciés de” mon emploi des mots archaïques. Le mot est-il juste ou non? voilà la question. Peut-on substituer un mot plus juste? » Il a soutenu que le mot employé dans ses poèmes, « soit d’une ancienne origine, soit de nos jours, est en général le seul propre à donner l’exacte nuance en tenant compte des conditions de rime et de rythme ».

La beauté seule de son langage suffira à conserver sa mé-

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