‹ Joies conjugalesChapitre 16 sur 18 · CONRART · texte numérisé non relu

CONRART

M. COUSIN. — J'en atteste mes chastes maîtresses!... Vous toutes, ô mesdames de Longueville, de Hautefort, de Chevreuse, de Sablé...

l'académie, énervée. — Assez!... monsieur Cousin, assez !... qui ne sait se borner ne sait... {Boileau frétille joyeusement dans

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son f au teiiiL)B' ailleurs, il ne s'agit pas de ce que vous semblez croire?... Vous vous fourrez le doigt dans l'œil, jusqu'au coude...

M. DE CHATEAUBRIAND, méprisant. — Quelle vulgarité!...

l'académie. — Eh bien! oui, là!... vulgaire si vous voulez!... Moi, j'étouffe à la fin!... Je n'en peux plus!... Je souffre, il faut que je crie!...

M. SCRIBE. — Cependant...

l'académie. — Je sais bien... Vous trouvez qu'on doit souffrir et se taire sans murmurer!... seulement, je ne suis pas comme vous!... Je ne veux plus ni souffrir ni me taire...

le cardinal DUBOIS. — Et allez donc!

Ksss!... Ksss!... Ksss!...

M. ballanche. — Si j'osais émettre un avis... duquel l'Académie ferait tel usage qu'il lui plairait...

l'académie. — Vas-y, philosophe mystique!... JH*écoule!...

MAÎTRE ROUSSE, à part, la regardant du coin de Vœil. — Je ne sais vraiment pas sMl est prudent de me charger de son affaire ! elle a une déplorable altitude...

M. BALLANCHE, troublé, ne sachant pas trop ce qu'il veut dire. — Je voulais, Madame, vous faire comprendre que rien n'est désespéré?... Certainement, le prince Vieujeu...

l'académie, sebouchant les oreilles. — Ne me parlez pas de lui!... (Lyrique.) OMeithac !... je t'aime!... sans te connaître, hélas!...

M. THiERS. — Zuze un peu si elle le connaissait !... Ça fait frémir!...

M. BALLANCHE, reprenant péniblement le

fil de son discours — ... le prince, — dis-je,

— se laisserait peut-être amener à des idées

so.

plus neuves... Mais il serait oréférable de procéder par...

l'académie. — Par voie d'évolution?...

le progrès par voie d'évolution... vous l'avez déjà dit... en 1830...

M. viENNET. — Il a raison, Madame, il est préférable de prendre son mal en patience...

l'académie. — Oui... vous voulez le repos de l'Académie, parce que le vôtre en dépend... Connue aussi, la guitare!.. ,

MAÎTRE ROUSSE, à part, cherchant son chapeau. — Je crois que je ferai bien de la laisser se débrouiller sans moi... D'ailleurs, Berryer est là...

CORNEILLE, sévère. — Madame, écouteznous?... Écoutez le langage du beau, du vrai, du bien...

M. COUSIN, bondissant, — Mon titre!!!

Qui est-ce qui se permet de prendre mon titre?...

CORNEILLE. — Permettez?... Ce que vous avez... délayé, — si j'ose m*exprimer ainsi, — en traînantes analyses... je l'ai, moi, rais en action! L'analyse, cette fleur sans parfum des époques de décacence, est la ressource des impuissants!... Les savants ont prouvé qu'on n'analyse bien que les sentiments qu'on est incapable de ressentir...

{On entend au dehors une voix qui proteste.)

l'académie, dressant l'oreille. — Qu'aije entendu?...

M. CARO, très pâle et troublé. — Rien... rien... C'est M. Paul Bourget qui proteste... sur le quai...

SAINTE-BEUVE. - Ce jcuue analyste n'y restera pas longtemps...

M. LiTTRÉ. — Où ça?...

SAINTE-BEUVE. — Sur le quai... 11 fera, sous peu, partie de notre compagnie...

L^ ACABÈiiiEjragaillardie. — Un jeune?...

MAÎTRE ROUSSE, tâchant de gagner la porte sans attirer Vattention. — Elle n'a pas pour deux sous de tenue... C'est révoltant!...

BERNARDIN DE SAINT-PIERRE, re/)On-

dantàr Académie. — Oui, Madame, un jeune qui a infiniment de talent...

l'académie, ^es yeux brillants. — Autant que Maupassant? {Les yeux baissés.) J'ai entendu parler de Boule de Suif !...

M. CAMILLE DoucET. — C'est im autre genre!... M. Bourget plaît, séduit... C'est le premier analyste de notre temps, celui qui connaît le mieux les hommes..,

FLÉciiiER,(i'wng voix douce. — Surtout les femmes, — dit-on... {M. Caro se lève avec fracas et va tambouriner à la fenêtre.)

Ducis, à Conrart. — Qu'est-ce qu'il a donc, Caro? On dirait qu'il fait une têtel

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