‹ Joies conjugalesChapitre 17 sur 18 · COI · texte numérisé non relu

COI

NRART. — .. ^fc

D ucis, àBussy-Rahutin^— Qu'est-ce qu'il a,Caro?...

BussY-RABUTiN. — Affaires de femmes, tout ça!... Seul il était V enfant chéri des damesy ... à présent il y a une concurrence ! . . . lepetilBourgetluicoupeTherbesouslepied...

LE CHEVALIER DE BOUFFLERS. — Etça

l'embête!... Je comprends ça!...

l'académie. — Enfin, mettez-vous à ma place?... Je n'ai pas un académicien gai et amusant!... pas un !...

M. CAMILLE DOUCET, d\m ton de reproche. — Oh ! Madame, vous oubliez MM. Augier, Dumas, Halévy, Octave Feuillet, Pailleron, Labiche, Sardou, Renan,... à ses heures, Jules Simon... le matin..., pour ne nommer que ceux-là!...

MM. PAiLLERON et HALÉVY paraissent au fond.)

L'kcXDÉniE, rageuse. — Non, je ne les oublie pas!... mais ici, ils ne sont pas eux mêmes!,.. Ils mettent des faux nez!... J'ai toutes les guignes!...

M. PAiLLERON s' avançant rapidement avec M.Ludovic Halévy. — Pardonnez-nous, Madame, mais nous venons de déjeuner à rÉlysée, et...

l'académie, aimable, — Vous avez faim, peut être?...

M. LUDOVIC HALÉVY. — Pas le moins du monde... mais nous sommes en retard...

M. PAILLERON. — Et c'est bien la faute d'Halévy!... Il n*a jamais voulu monter dans un fiacre!... Il prétendait que tous les chevaux avaient l'air fougueux ! . . .

M. HALÉVY, s'adressant à V Académie d'un air un peu narquois. — Nous avons appris la grande nouvelle, avec un profond étonnement... Ainsi, l'Académie française di-

vorce avec le prince Vieujeu!... Pauvre prince !...

VOLTAIRE. — Pauvres courtisans, surtout!... Avoir écrit sans nécessité Tristesses et sourires ! C'est dur, n'est-ce pas, ,.

ONRART. — ...

CHATEAUBRIAND. — Madame, permettez-nous d'espérer que vous reviendrez sur la décision que vous avez cru devoir prendre...

M. THiERS, interrompant, — Sans nous consulter, d'ailleurs !... Vous considérerez que la morale ne peut, sous aucun prétexte, être violée... que la dignité, la respectabilité de la famille doivent passer avant de mesquines considérations de bonheur ! Je dirai plus : toute créature intelligente et pratique sait trouver, au sein même de la famille, les distractions et les jouissances que les fous vont chei cher bien loin...

L*ACADÉMiE, énervée. — Oh! toi, mon petit, tu vas te taire?...

LAMARTINE. — Madame, de grâce, modérez votre langage...

M. COPPÉE. — Si vous injuriez, que ce soit du moins dans une langue élevée, shakspearienne, académique...

l'académie. — Oh ! non!... assez de langage académique!... je n'en veux plus!... assez des poèmes, des élégies, des méditations, des intimités, des harmonies...

{Lamartine s' éloigne y Chateaubriand le regarde d'un air moqueur.)

l'académie à Chateaubriand, — Assez aussi du Dernier des Mohicans !...

CHATEAUBRIAND, vexé. — C'est le Dernier des Abencerrages qui est de moi!...

l'académie. — C'est la même chose!...

{Protestations.) Assez de VArt ^poétique !.. d' Œdipe chez Admète^àe, Coriolan, et même

d'Éloa!... (Elle respire bruyamment.) k\\ !... il y a longtemps que j'ai tout ça sur le cœur!... ça déborde, tant pis !... {Avec élan,) Ah! oui, j'en ai assez de la « Vieille coupole ))!... {Levant les yeux au ciel,) En voilà un monument avec lequel j'ai été rasée ! comme dirait la Sapho de Daudet... qui ne veut pas venir ici ! !... et qui a joliment raison!....

{Tous les académiciens se retirent navrés sans vouloir discuter davantage avec r Académie ; ils se font signe que « la tête n'y est plus ».)

l LN

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