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coup sur l'expérience de cet homme pour éviter les dangers de la navigation du Saint-Laurent, dangers que son imagination exagérait au point de croire, qu’une fois l'hiver venu, le fleuve ne formait, jusqu’au fond, qu’un bloc de glace (1). La lettre du colonei venait de détruire une de ses plus chères illusions.
D'ailleurs, les contrariétés continuaïent à s’acharner sur le malheureux officier.
À peine en mer, Sir Hovenden Walker s’apercevait d'une impardonnable distraction : le transport Mary avait été oublié à Catwater avec une partie du régiment du colonel Disney (2). Par une nuit d'orage, le mât de misaine du Monmouth était emporté coinrie une paille. La marche de l’escadre se voyait continuellement retardée par les transports qui marchaiïent comme des sabots; par tous les temps, il fallait leur faire passer péniblement des câbles de remorque. Dans un cas pressé, était-il urgent de communiquer avec le général Hill embarqué sur le Devonshire ? celui-ci souffrait trop du mal de mer pour s'occuper de choses sérieuses (3).
L'indiscipline alla jusqu'à se mettre de la
(1) For the ice in the river freezing to the bottom would have utterly destroyed and bilged them (his vessels) as much as if they had been squeezed between rocks—Walker's Journal, page 58.
(2) Vide Walker's Journal, page 58.
(8) This blowing weather has so disordered me, that 1 can-
not answer your letter of this day’s date with my own hand.— Letter of general Hill from aboard the Devonshire, may 8, 1711.
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Malgré ces déboires, le 25 juin, après cinquante-huit jours de mer, l'amiral Walker ancrait ävvant Boston, où l’attendaient des fêtes brillantes et de lamentables déceptions. En mettant pied à terre, Sir Hovenden sembla devenir le lion de la Nouvelle-Angleterre. L'onverture des cours de l’université de Cambridge se faisait le 4 juillet, sous sa présidence. Le 5 et le 10 du même mois il assistait au défilé des troupes d’infanterie de marine, passées en revue sur Noodles Island, par le général Hill. Le 24 il se rendait à Roxbury faire l'inspection d'un régiment de miliciens destiné à l'expédition du Canada. Le 19
et le 23 c'était une série de bals et de diners donnés à bord de l’Humber en l'honneur des chefs indiens du Connecticut ainsi que des Mohocks, reçus à bord du vaisseau-amiral au bruit du canon, des fanfares et des hourrahs de l'équipage. Ces derniers qui formaient partie des cinq nations furent l’objet d’une distinction spéciale. Sir Hovenden Walker voulut bien trinquer avec leurs sachems ; les chefs, pour ne pas rester en arrière de courtoisie, portèrent un toast à Sa Majesté, en disant à l’amiral :
—Depuis longtemps nous nous attendions à contempler les merveilles que nous voyons maintenant. Nous sommes dans la joie en songeant que la reine a pris un tel soin de nous ; car, nous commencions à désespérer. Maintenant nous ferons tout notre possible, et nous espérons que dorénavant les Français seront vaincus en Amérique (1).
Ces raouts et ces collations fines se succédèrent ainsi à la file, qui à bord de l’escadre, qui chez le gouverneur, qui chez les officiers supérieurs de la colonie, jusqu'au moment où il fallut parler d’affaires sérieuses.
({) When they had ceased dancing one of them, in the name of the five Nations, made a long speech to me, which the Interpreter told me, was to this effect : viz. ‘ That they had long expected what they now saw, and were much rejoiced that the Queen had taken such care of them, of which they had almost despaired; that at this time they would exert themselves in a most extraordinary manner, and hoped that the French in America wou'd now be reduced.”—Walker’s Journal, p. 105.
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