‹ JoiesChapitre 11 sur 21 · LE BLEU VENT D'OUTRE MONTS · texte numérisé non relu

LE BLEU VENT D'OUTRE MONTS

« Le bleu vent d'outre monts fait palpiter les frênes ;

Il chante au loin du bois un carillon d'été ;

Aux prés l'hermine et l'or des marguerites reines,

Et par l'azur sans fin, comme au chant de sirènes

Des récifs répété.

De grands nuages lents vont s'erflant en carènes...

Il sourd du pâturage un murmure sans trêve : Juin chante au bois nouveau qui redit sa gaité ; Des barques de foin gris attendent vers la grève, La mort des fleurs qu'on fauche est toxique de sève Et ma lèvre eut quêté De la tienne le miel aprilin de ton rêve...

L'heure passe légère et court au crépuscule ;

Le soleil près de choir s'est, d'orgueil, arrêté,

Là bas, royal encore ; et la fumée ondule

Du bûcher d'Occident jusqu'au zénith qui brûle..

Mon regard a guetté

Ton àme dans tes j^eux où l'avenir recule...

L'heure était telle, et tout est même et se ressemble ;. Le fleuve roule encore en lueurs de Léthé, L'horizon aussi tel encore — que t'en semble ? — Est-il un rêve encore où nous rêvions ensemble? N'as-tu rien regretté ?

La nuit, ivre d'encens, est amoureuse et tremble... »

« Mais! sommes-nous ceux-là que nous avons été? »

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