LE CHEMIN
« Elle fut lente et longue et fiévreuse, la nuit ; Le poids des heures s'alourdissait des ténèbres, Où parfois un éclair soudain luit, Crayant le ciel de folles algèbres — Mais par l'espace pas un bruit —
Elle fut lente et morne et funéraire, l'aube
— Linceul d'un jour mort-né dans des affres de sang
Le soleil voilé de deuil se dérobe ;
Par les chemins âpres et glissants
Il pleut des larmes sur ta robe.
Il fut morose et hâve et sépulcral, ce jour, Plein de bruits étranges et sourds et de mystère, Ernpli comme d'un air sans souffle et lourd Qui suffoquait de miasmes la terre, — Voici le Pays de l'Amour —
O qu'il soit doux et lent et souriant, le somme. j Parmi le dur regain et le chaume acéré ;
Le crépuscule du repos nous somme. !
O, c(ue longtemps nous avons erré, \
Toi, toute femme, et moi, tout homme. » i