LES RHYTHMES D'OR
Jeunes pages aventureux, Décrochons de leur panoplie Les armures des anciens preux Et lançons-nous dans la tuerie ; De nos rimes avec furie Accompagnant le son du cor Dans les montagnes d'Asturie, Faisons vibrer nos rhythmes d'or
Qu'importe que nos vers soient creux, S'ils brillent sous l'orfèvrerie.
Les grands seigneurs sont géne'reux ; La rime est une pierreric Que pendant une rêverie Nous jetons de notre trésor, Comme les rois de la féerie; Faisons vibrer nos rhythmes d'or.
LES RHVTiiMr.S D'oR. ,,5
Pendant que notre âme assouvie Dans le Rêve éternel s'endort.
Poètes, dédaignant la Vie, Faisons vibrer nos rhvthme'> d'or
HASCHICHADÉES
O Rêve ! la campagne est grise !
Les feuilles aux doux frisselis Sous les caresses de la brise Bruissent : les voix des bengalis Tourbillonnant autour des lys Bercent le Scrail qui s'endort ; L'amour descend des cieux palis O Nuit, clos tes cils d'or.
98 HASCHICHADEES.
Un rhythme de grelots qui grise; Une alme'e aux ongles polis; De la lumière qui s'irise Sur la pourpre vive des lits, Sur les oreillers amollis; Des pas furtifs au corridor, ( Myrrhe, cinname, nérolis?...
O Nuit, clos tes cils d'or.
Chevelure rousse qui frise, Et je ne sais quel gazouillis De lèvres rose-de-cerise, En trilles très frêles jaillis; A travers de minces treillis, Des palombes, neigeux essor, S'envolent de lointains taillis :
O Nuit, clos tes cils d'or.
HASCHICHADEF.S.
ENVOI
Amenant les tièdes oublis.
— Depuis longtemps déjà le cor Sonne de mornes hallalis! — O Nuit, clos tes cils d'or.