‹ Joies grises. Préf. de Georges RodenbachChapitre 59 sur 62 · CLOCHES DES VEILLES DE PAQUES · texte numérisé non relu

CLOCHES DES VEILLES DE PAQUES

O cloches, cloches du soir,

Qu'on sonne aux veilles de Pâques,

Cloches d'heur, cloches d'espoir,

Maintes fois j'allai m'asseoir

Sous les ramures opaques,

O cloches, cloches du soir,

Vous entendre vous douloir

En notes e'ie'giaques;

Je vous aimai sans vous voir,

O cloches, cloches du soir.

i66 CLOCHES DES VEILLES DE PAQUES.

De quels pays parliez-vous, O cloches mélancoliques, Aux me'lodieuses toux?

De l'Italie aux cieux doux, De paisibles bucoliques, De quels pays parliez-vous?

D'où vous en veniez-vous, d'où?

De lointaines basiliques Dans les crépuscules roux?

De quels pays parliez-vous?

Vous me parliez des airnées, Des amantes d'autrefois Qui sous mes baisers pâmées Couchaient leurs chairs parfumées Dans le silence des bois; Vous me parliez des aimées.

CLOCHES DES VEILLES DE l'AQUES. :

Le murmure des ramées, De mousseline embrumées Mélancolisant vos voix, Vous me parliez des aimées.

Cloches, vous vous êtes lues.

Me laissant seul, affaibli Des batailles combattues.

O Silence, ui me tues Où je suis enseveli; Cloches, vous vous êtes tues.

Le lierre étreint les statues Dans l'herbe folle abattues.

L'herbe triste de l'Oubli...

Cloches, vous vous êtes tues.

24 octobre iS()2

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