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Les Américains emploient le mot « élégant » pour « magui

fique. » SE.» Fr

Les chemins de fer. — Les trains vestibules. — Hôtels à roulettes. — Fenêtres et ventilateurs et leur usage. — Un bourreau sans pitié. — Le conducteur et ses fonctions. — Perplexité d’un voyageur. — Grossièreté des employés. — L'actrice et le conducteur. — Un voyageur curieux. — Un nègre à gros appointements. — Commerce à bord. — « Pommes, oranges, bananes ! » — Le compartiment des nègres. — Changement |

“de toilette. — Mêlez-vous de ce qui vous regarde.

Les Américains ont supprimé les distances par le soin qu’ils ont apporté à perfectionner leurs chemins de fer.

Vous entrez dans le train après diner, et le train file. Vous allez passer une ou deux heures au fumoir, vous vous couchez, vous dormez, vous vous éveillez, et vous êtes arrivé.

Au point de vue du bien-être, les chemins de fer américains sont aux chemins de fer français et

anglais ce que ces derniers sont aux diligences d'autrefois.

Rien ne saurait surpasser le confortable et le luxe des pulmanns, si ce n’est ce pulmann perfeclionné qui s'appelle train vestibule. Six on sept voitures, communiquant les unes avec les autres, vous permeltent de circuler librement sur une longueur d’une centaine de mètres. Salle à manger, chambre à coucher, salon, fumoir, bibliothèque, salle de bain, cabinet de toilette, le tout meublé avec un luxe des plus recherchés. Que pouvez-vous désirer de plus ? C’est un hôtel roulant. C’est votre ippartement complet qui se transporte de New- \ork à Chicago en vingt-quatre heures. Cuisinier, ‘hauffeur, barbier (oui, barbier! il y a un salon de voiffure au bout du train), valet de chambre, vous 1vez tout sous la main.

L’intervalle qui se trouve entre les voitures est lermé par des portes s’ouvrant du dedans au dehors, de sorte que vous passez d’une pièce à l'autre sans même avoir à vous exposer au vent ou au froid. Tout est prévu, tout est étudié, et à moins qu’un de ces jours les Américains n’invenent des appartements qui se démonteront et pourront se transporter facilement d’un point à autre (on y arrivera, soyez-en sûr), je ne vois

pas qu’on puisse désirer, qu’on puisse même imaginer des voitures de chemin de fer plus agréables, plus élégantes et plus sûres. Le voyage n’est plus une corvée, c’est un plaisir.

Qu'il arrive un accident en chemin, qu’il survienne une tempête de neige qui arrête le train pendant plusieurs heures, vous n’êtes point bouclé dans un compertiment étroit, obligé de vous morfondre de froid et de faim jusqu'à ce que la voie ait été déblayée. Vous vous résignez facilement à votre sort: les voitures sont chauffées, et les provisions ne manquent pas à bord.

Inutile de vous munir de couvertures de voyage, les trains sont chauffés, du 1°’ octobre au 1° avril, à une température d'environ 26 degrés centiorades. Aussitôt entré dans la voiture, vous sentirez le besoin de vous débarrasser au plus vite de votre pardessus.

Le chauffeur est un bourreau sans pitié qui, malgré les observations que vous pourrez lui faire sur le sujet, ne vous fera pas grâce d’un degré. Il ne connaît qu'une chose : fourrer du charbon dans le poêle.

Il y a des fenêtres et des ventilateurs, mais st vous ouvrez votre fenêtre, vous verrez vos conipagnons de voyage relever le collet de leurs

paletots et vos compagnes demander leurs châles et leurs fourrures, et vous entendrez des grognements énérgiques qui vous feront comprendre que vous vous êtes transformé en calamité publique. Les Américains sont un peuple frileux qui se cuit au bain-marie.

Quant aux ventilateurs, ils sont placés sous la surveillance du conducteur, et si ce monsieur n’a pas trop chaud, vous pourrez étouffer, vous trouver mal, sans que cela le préoccupe le moins du monde. Le bien-être des voyageurs n'entre pas dans ses attributions, et les ventilateurs! restent lermés.

Ici, comme dans les hôtels, comme dans toutes les conditions de la vie américaine, vous êtes à la merci des serviteurs. Il n'v a point de remède, point d'appel.

Les conducteurs de chemin de fer sont, en général, malhonnêtes et même grossiers. Ne leur laites point de questions, surtout ces questions que le voyageur fait d'habitude : « Serons-nous bientôt arrivés? — Le train est-il en retard? — Quel est le nom de la prochaine station? » Vous

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