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Jonathan Swift sa vie et ses oeuvres

Hhm Swift a été traduit du français en lalin pour fépondre, aux exigences du doctoral èfr-iettres. J^ai évité de le répandre sous cette forme, me défiant

d^une traduction incomplète et imparfaite, et craignant de demander aux personnes qui veulent bien s^occuper de mes écrits un jugement prématuré.

Mais, peu de temps après, j'ai lu cet essai, sous sa première forme, à l'Âcadémie des sciences morali^ •I politique»; il y fut écouté avec una* attention.

bienveillante qui m'eneouragc et dont je m'honore.

Je me suis servi,, pour ce travail, d'une édition récente des œuvres de Swift, publiéeti Londres en deux volumes grand in-8^, à 2 colonnes, et pi'éeédée d'une notice de Thomas. Roscoe. J^ai consulté avec fruit roavi*agesr connu>de Walter-Soott sur Swift , Tessai historique de Craufurd , un excellent article de la revue d'Edimbourg de septembre ^1846 , et la beUeétude de Ut. Ifticaulay sur William Temple*

Si je ne cite aucun des écrits plus récents qui ont pu paraître sur Swift^ c'est que Je n'ai trouvé dans ceux qoe j'ai pu lire que la collection habituelle de ces anecdoctes, que dlnnoinbiables notices sur Swift ont déjà répandues dans le public^ et parmi lesquelles j'avais déjà choisi le petit nombre de celles qui me semblent nécessaires pour la parfaite intelligence du caractère de ce grand écrivain ; et celleslà, Crauford, Walter-Scotl, et les «auvres mêmes de Swift me les avaient fournies. C'est plutôt par d(» jugements et par des pensées » par mes idées et par leur forme qu^en ce travail, comme partMit, je ro*efforoe bi«i on mal, d^ètre assea neuf ou assets intéressant pour mériter l'attention des quelques lecteurs dont Tappi^bation m'est Je ne laia donc nulle difficulté de dire que je dois aux biographes de Swift ou à son propre témoignage les événements de sa vie, mais je sais qœ je ne dois qu'à moi-même Tétude de son caractère, Tappréciation de ses œuvres et les sentiments qu'elles m ont iospirés*

Ces sentiments sont très-anciens et de beaucoup antérieurs à Toccasion qui me les a fait éclaircir et développer. Le hasard m'a mis entre las mains, à Tâge où les contes de fées nous amusent^ une édition complète de Gulliver, animée par un crayon spirilod. Je ne puis pemdre, qnoiqve je ks sente encore, les ravissements que me fit éprouver ce

simple et graad eontenr d^aventures eiiraordi*

naires. Mais déjà, j'ose le dire, l'objet de Swift était rempli ; il avait exercé sur mon imagination enfantine Tinflaenoe qn^l vonJait produire surcelle des hommes; le miel dont il avait entouré sa coupe me Favait fait vider tout entière. Je goûtais moins reztréme petitesse d'un peuple, la taille gigantesque d'un autre , Pile volante et les ohevaux raisonnables, que ee tableau si vif de l'ingratitude et de la légèreté liilipuiienties, du calme mépris des géants pour nos misères, des vaine& recherches où s'égaraient les sages de La» put» et de Thorrible dégradation où* rampait chei les ^nyhnhnms rhnmanîté dégénérée. Je ne rendcai jamais qu'imparfaitement l'impression que firent sur moi les' amèrea beautés de cet ouvrage elle n^a pas vieilli, mais elle s'eist depuis confond due avec tant d'impressions diverses ^ qu'il me fiiut un effort pour la ressaisir avec^ ses premiers* charmes et sa vigueur première;

Lorsque plus tard l'étude de la littérature de nos voisins me rapprocha du. libre et puissant génie qui avait si fortement ému mon enfance, bien que l'ouvrage qui me l'avait révélé, fût le moins imparfait de ses écrits, rien de ce qui lui était échappé pendant une vie de luttes politiques et religieuses, ne diminua la grande idée que je m-'étais faite de son art et de ses passions.

Cette idée je ne la trouvai nulle part exprimée comme je Taurais voulu ; je remarquai parmi ses juges plus d^admiration , ou plus de haine, ou plus de pitié que de véritable justice. Il me parut imparfaitement compris, et je ne parle pas ici des parties obscures de sa' vie malheureuse, mais de ce qui en est incontesté, et surtout de son âme encore toute vivante dans des œuvres impérissables. Je cherchai donc, à mon tour, à Taide des données communes , et sans inventer ce que je ne pouvais découvrir, a retracer en quelques pages cette existence dont une ambition constamment déçue fait Tunité, à exposer et à étudier ces œuvres dont Tépanchement d^un cœur blessé fait la principale grandeur, et je soumets maintenant cet essai , avec une juste déGance, à ce petit nombre de personnes qui me récompensent amplement de mon travail en voulant bien me juger.

AiûCf janvier 1856.

EXTRAIT DU GOMrTE-EERDD

HÈnei FAR tf. CBAKLig YBMi ,

Sous la direcùou de M. le Secrétaire perpétuel de .l'Académie.

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