BALLADE ROYALE DE PARIS SUBMERGÉ
« Dum spiro spero )>.
— Le fleuve monte, il investit la ville, Gomme un hourra de barbares haineux; Il creuse et bat. il fouille et se défile. Et multiplie un assaut ténébreux ; Palais, taudis, magasins fastueux, Tremblent, tordus sous Tahan de la lame. Et nonobstant, se dressent, dédaigneux, Le Pont-Royal et les tours Notre-Dame.
Nos quais fleuris que la rage civile A su tremper de sang riche et fiévreux. Laissent grimper, filtre impur et docile, L'eau qui berçait hier les amoureux ;
L'égout dégorge ses hoquets hideux, Tous les bas-fonds ouvrent leur branle infâme. Mais rien n'atteint, rien n'approche ou n'émeut Le Pont-Royal et les tours Notre-Dame.
Le citadin sent que son sol oscille Et veut en vain faire le glorieux :
L'eau l'envahit et la terre vacille, Prête à vomir les cadavres daïeux ; Eux-même" en eau se déchargent les cieux : On pleurerait comme une pauvre femme, Si là n étaient pour rassurer nos 3'eux Le Pont-Roval et les tours Notre Dame.
O majesté, sérénité virile,
Tranquillité quand tout sombre autour d eux !
Chacun paraît grandir ainsi que 1 île
Au naufragé sur locéan brumeux ;
Toute une France aux lointains fabuleux
Vibre en ces blocs où tressaille notre âme,
Et je salue avec un cri joyeux
Le Pont-Royal et les tours Notre-Dame !
U BiWioHièqiM Unhftnité d'Ottawa
University of OMbi