‹ Jonchée de fleurs sur le pavé du roiChapitre 2 sur 10 · PLAGE LOUIS XV QUAND LE CLOCHER SONNAIT DOUZE · texte numérisé non relu

PLAGE LOUIS XV QUAND LE CLOCHER SONNAIT DOUZE

— Baisers blancs, baisers verts d'une lune engourdie,

Baisers d'eau, baisers d'air, Nacres vous délayant au lac d'azur liquide,

Perles fluides, Et pour vous longuement égoutter au travers, Baisers, du glauque azur par vous décoloré;

Eveillez, tristes feux, leurs regards effarés Aux lents alignements de vitreuses prunelles Des monuments perclus, sans voix, ombre ni vie !

Faites grâce, fluides perles, Aux colonnades éternelles, Fantômales, cataleptiques ;

Grâce aux sourds blocs somnambules Dont, immense et morne, la grève se pétrifie. Perspectives hallucinées Qui se déplacent et reculent!

Molles lueurs funéraires,

Torpides baisers lunaires D'un tel ciel qui muet s égoutte sur la terre. Souriez du fond de votre océan qui dort.

Lugubrement fantastique,

A la ville géométrique Justement immergée en le sommeil des morts, Qu illumine là-bas le blême astre aquatique î

— O place qui pleuras le sang.

Là se décapita la France.

Quel baptême, et quelle semence :

Pleure pour tous les pénitents !

Nuit du i/ au ii janvier f893.

Paru sous une première forme dans Testament de sa Vie Première (1898;, puis, modifié, dans Jeunes Fleurs (1906;.

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