NERO
Fig. 66. — Honfleur (1864).
Fig. 67. —- Notre-Dame-de-Grâce (1864).
& pe RL. ire Mars. A LE.
À en mn
Fig. 68. Ste-Catherine de Honfleur (1864).
meilleure veine d'interprétation pénétrante des sites, oncques il ne traduisit les jeux de la lumière en taches colorées sur le blanc du papier avec une grâce plus libre et une légèreté plus adroite que pendant le nouveau séjour à Honfleur qu'il s’offrait quelques jours plus tard. Un jour, c'est à marée basse, sur le bord du chenal, où les bateaux attendent le flot : de gros nuages courent dans le ciel bleu et reflètent leur moutonnement tumultueux dans la nappe tranquille des eaux (Fig. 65). Une autre fois, nous voici dans le bassin par un temps clair; le vent souffle et pousse vers le port une voile gagnant le quai qui ferme l'horizon { Fig. 66). Une troisième esquisse nous conduit sur la place du marché, parmi les vieilles maisons que domine de sa flèche aiguë « la Sainte-Catharine », l'antique et pittoresque paroisse des marins honfleurais (Fig. 68). M" Fesser s’est vu dédier une grandiose pochade qui nous éloigne encore davantage du rivage de la mer. Celle-ci n'y apparaît qu'entre les Monchet les branches d'unwmassilt d'arbres élancés’: sur le devant, une chapelle au clocher aérien et au toit bas, précédé d’un porche arrondi, se dresse contre le bord de la route : c'est Notre-Dame-de-Grâce (Fig. 67).
Retenu le plus souvent auprès des jetées ou des bassins et généralement occupé à traduire les évolutions des voiliers ou à détailler gréages et mâtures, le crayon du dessinateur s'échappe parfois et s'envole un instant vers d’autres parages. On le voit sur la plage de Villerville {F19. 69), devant la vieille église de Criquebeuf ou dans la campagne de « Pont d'Évêque ». I1 subit surtout l'attrait du rustique cabaret de M" Toutain, le fameux S'-Siméon, où paysans et marins s'attablent sous les pommiers pour vider en devisant de joyeux pots de cidre. Le lieu plaît aux peintres et aux poètes. Troyon et Diaz, guidés par Boudin, l'ont fréquenté jadis. Courbet y a paru ainsi que Baudelaire. Pendant l'été de 1865,