‹ Jordaens; sa vie et ses œuvresChapitre 43 sur 142 · LE MARCHAND DE POISSON · texte numérisé non relu

LE MARCHAND DE POISSON

ce teint brun maintenu dans l’ombre. La nature-morte est un chef-d’œuvre dans la tonalité chaude et éclatante de Jordaens. Nous sommes absolument convaincu qu’il l’a complètement repeinte, surtout les poissons répandus par le vieux sur la dalle. Quiconque en douterait n’a qu’à comparer au tableau en question un autre tableau de poisson et de gibier par Van Utrecht, par exemple celui du musée de Gand, signé de la même façon; il constatera d’emblée combien la nature-morte y est pâle et frigide comparée à l’éclatante et chaude peinture de Jordaens. Les figures du tableau de Bruxelles ont beaucoup d’importance à nos yeux, étant donné qu’elles caractérisent nettement la manière de Jordaens en 1637. L’homme est vigoureusement bâti et d’allure énergique, la gentille soubrette regarde devant elle d’un air détaché; insouciante, souriant avec candeur; elle n’a rien de la maritorne, c’est bien la fine mouche, la camériste, le tendron. La lumière veloutée et caressante répandue sur les visages est particulièrement réussie. Les ombres sont devenues plus opaques et plus sombres que jadis, mais elles demeurent toujours imprégnées de chaleur et transparentes, les parties claires n’en

OFFRANDE A VÉNUS (Musée de Dresde).

ressortent que plus radieusement. Le tableau du Musée de Bruxelles fut acheté en 1887; en 1837 il figura dans la vente Stevens à Anvers. Le Musée de Hambourg en possède une copie insignifiante.

Jordaens plaça fréquemment des figures dans des boutiques ou des celliers que ses confrères avaient déjà fournis de volaille, de gibier et de légumes. Parthey signale encore un de ces tableaux à Prague dans la collection Stratow: „Une tableau (sic) chargée de pain, de gibier et de volaille; un homme embrasse une femme; à droite une vieille. (1)

Dans la vente Paul van der Speyck (Dordrecht, 1805) se trouvait une femme se tenant devant une table couverte de quelques tranches de saumon, d’une marmite à poisson et d’autres ustensiles de cuisine. Signé Jordaens. Dans la vente Salamanca (Paris, 1867) figurait La boutique du marchand de gibier. Sur une table toutes sortes de volaille; au plafond suspendu à une traverse un aigle qu’un enfant s’efforce de tirer par la tête; sur le sol des légumes

(1) G. Parthey, Deutscher Bildersaal, Jordaens No. 100.

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