‹ Jordaens; sa vie et ses œuvresChapitre 44 sur 142 · LES TRÉSORS DE LA MER · texte numérisé non relu

LES TRÉSORS DE LA MER

et des accessoires; sur une brouette une corbeille de fruits. A l’arrière-plan un homme en casaque rouge porte un panier de volailles sur la tête; la marchande en chapeau de paille tient sur les bras un enfant à qui elle montre son petit frère en train de rire.

Dans le local du „Jeune Serment de l’Arc” à Anvers on admirait au milieu du XVIIIe siècle un tableau dont Berbie donnait une description que nous traduisons ainsi : „Un beau tableau de Jean Feyt, Anno 1645; étoffé de toute sorte d’animaux, sauvages et autres; chiens, lièvres, oiseaux dont un cygne; divers chiens, outre 5 figures peintes par Jean (sic) Jordaens aussi belles que celles de Rubens; mais ce tableau a été complètement abîmé depuis trois

ans par l’incurie d’un encadreur qui s’avisa d’enduire d’huile d’olive le revers du tableau de sorte que la couleur en est presque complètement partie”. (1)

Les trésors de la mer. Vienne.

Les Trésors de la Mer, une toile de la galerie de Schœnbrunn à Vienne, présente beaucoup d’analogie avec le tableau du Musée de Bruxelles. Neptune a retiré un poisson hors de la mer et il l’élève en l’air au bout de son trident. Deux tritons embouchent leur conque. Neptune est entouré d’Amphitrite, tenant un trident auquel sont suspendus de grands poissons — et de deux autres néréides. A gauche sur un rocher Cupidon pêche à la ligne et Mercure lui indique un poisson. A droite deux autres déesses et une néréïde retirant une branche de corail hors des flots et tenant un collier de perles. Ce tableau de grande dimension est un chef-d’œuvre dejordaens dans sa manière grasse et diaprée avec des ombres transparentes et moelleuses. Les poissons et les accessoires sont attribués à Jacques van Es, mais l’analogie de cette nature morte avec celle du tableau de Bruxelles est si saississante que nous ne doutons pas un moment qu’Adrien d’Utrecht ait peint les poissons ici encore et que Jordaens les ait retouchés. Nous ne doutons pas davantage que les deux tableaux soient à peu près de la même année.

Jordaens semble encore avoir collaboré avec d’autres peintres de nature morte. Dans la vente Ferdinand van Plattenberg et Witte (Amsterdam, 1738) se trouvait une vaste composition de gibier, de volaille, et de fruits par le Père Segers avec figures de Jordaens, et dans la vente

(1) Gerardus Berbie, Beschrijving van bijzondere Schilderijen, enz. Antwerpen, 1756. Blz, 58.

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