‹ Jordano Bruno (volume 2)Chapitre 36 sur 60 · UNIVERSITÉ DE PADOUE · texte numérisé non relu

UNIVERSITÉ DE PADOUE

On coart aperçu des destinées que les diverses tendances philosophiques et leurs principaux soutiens eurent à Padoue, senrira de justîflcatîon à la thèse que nous nous sommes plu à répéter, savoir, que les Padouans ont fait connaître et apprécier Âristofe philosophiquement.

Dès le commencement du XVI* siècle, on vit Gavalli chercher à remplacer le péripatétisme scolastique par le pur et primordial péripatétisme. Ses efforts furent continués jusqu'en iS33, avec plus de succès encore, par Leonicus de Tpmée, homaniste d'une érudition saine et variée, d'un caractère doux et modeste, qu'Erasme, Le Bembe, Sadolet et Philalthée louèrent à l'envi et aimèren^t sincèrement. ^ Ce disciple de Démé-^ trius Chalcondyle avait un double mérite : il ouvre la série des péripatéticiens critiques de l'Italie, et en Europe il fut l'un des che& des médecins-humanistes, des vrais sectateurs d'Hippocrate. 11 sut bannir la barbarie et la présomption, et remonter aux sources classi<|ues qu'il éclaira par un enthousiasme réfléchi, et sa prédilection pour le Stagirite ne l'empêcha point de goûter aussi les beautés de Platon.

A la fois plus ingénieux, plus vif, plus original» plus rude.

* Voyez surtout Bbhbi Opp, , t. III , p. 52. •* Quant au matériel des faits, nous sommes forcé de renvoyer le lecteur à Facciolati (Fa$ti gymnoi. patoo.), et à Papadopolo {HUtor, gumna», patavini), à qui nous devons la plupart de nos renseignements.

370 APPENDIŒS

moins instruit, moins culiivé et moins élégani, Pierre Pomponace enseignait dans le même temps que Tomeo. Ce nain redouté, cet inroriuné Peretto, par son génie comme par sa naissance digne d'un sort meilleur^ eut la joie de ne pas voir Tomeo parmi ses rivaui et ses ennemis. Mais deux autres de ses collègues, Nifo et Achillini, l'attaquèrent successivement. On peut admettre que ces luttes de dialecticiens se seraient terminées honora blementy si la guerre de Cambray, la défaite de Ghiaradadda, n'avait pas dispersé l'académie de Padoue et jeté Pomponaceà Bologne, d'où il ne sortit plus. Quant au Calabrais Nifo, qu'on décora aussi de l'épithètede c l'Aristoie de son siècle, » dès l'an 4ô00 il avait suscité contre lui-m^me une violente rumeur. 11 avait renouvelé la doctrine d'Averroès, suivant lequel il n'y aurait qu'une seule substance spirituelle, l'àme ou l'intelligence de l'univers. Sans la protection de l'évêque Baroizi, il eût été sacritié à l'indignation du clergé. Le désir de vivre en repos lui suggéra une démarche houleuse : H se mit à réfuter le livre de Pomponace de C Immortalité de rame. Après la guerre de Venise, cependant, il ne revint pas plus que Pomponace à Padoue; il s'endormit à Sessa, estimé et honoré de Léon X, qui l'avait créé comte palatin.

Des maîtres plus utiles que brillants marchèrent, dans la première moitié du siècle, sur les traces de ces docteurs éminents. Tels furent Passero, plus connu sous le titre de Genuœy Il GttiovQ, qui se distinguait, disait-on, par une indifférence philosophique pour les succès littéraires; Bern. Tomitano,qui se rencontra avec Ramus sur plusieurs points, notamment en recommandant aux poètes et aux orateurs l'étude de la philosophie, aux philosophes l'étude des lettres; enfin Madius de Brixa, péripatéticien assez indépendant pour approuver les tentatives de Telesio.

La seconde moitié du siècle fut illustrée par Zabarelia et Gremonini. Entre Zabarelia et Pomponace, on remarquait plus

(l'uoe affinité; on trouvait à l'un et à l'autre un esprit contentieux, encHn aux disputes savantes. Zabarella eut aussi deux adversaires dans deux de ses collègues. L'un était François Piccolomini «connu pour avoir traité la philosophie morale en laiin, de même qu'Alexandre Piccolomini la traitait en langue italienne. Inférieur à Zabarella en profondeur, en solidité, il le surpassait en facilité d'élocution et de discussion; il le surpassait môme par l'étendue de ses vues. Piccolomini méditait, en effet, une alliance entre Platon et Aristote, et ne s'en tenait pas opiniâtrement, comme Zabarella, au seul péripatélisme. Le terrain de leurs controverses s'agrandit déplus en plus, et à la fin elles roulèrent sur cette question décisive et fondamentale : Faut-il puiser la véritable méthode dans la nature de la chose, ou dans les notions qu'on a de cette même chose?... Cette querelle fut pourtant moins animée que le démêlé de Zabarella avec Petrella , qui divisa l'université en deux camps. Pour l'apaiser, il ne fallut rien moins que l'approche d'un adversaire commun, l'ordre des jésuites. Zabarella jouissait du reste, dans son temps« d'une réputation brillante; aucun de ses devanciers n'avait excité un tel concours d'étrangers; mais lui-même ne se laissa pas attirer en Pologne par les offres magnifiques du roi Etienne.^ Sa chaire, devenue veuve en 1589, fut donnée à Cremonini, de Ferrare, qui fit valoir cet héritage jusqu'en 1631, année où la peste l'enleva octogénaire. A la renommée de Zabarella, Cremonini unit la satisfaction d'être consulté par les rois et les politiques; mais ce bonheur fut altéré par le chagrin de passer pour athée, chagrin qu'il partagea, avec deux professeurs de Pise, Simon Porta et Gésal pin. C'est qu'il était disciple de Pomponace, ou plutôt d'Alexandre d'Aphrodisiade. La prudence lui fit enve-

' n permit seulement, comme Passero, au sénat de Venise de doter ses filles. — Yoy. TBOMASiif., Elog,, l, p. 137.

lopper des doctrines de lénèbres scolasliques ; mais ses poésies et ses discours italiens font foi qu'il savait écrire avec clarté, et même avec grâce; ils confirment dans l'opinion qu'il enchérit à dessein, dans ses ouvrages philosophiques, sur la diction raboteuse de Pomponace. Ses disciples lui décernèrent le titre de génie d'Aristote, Aristotelis geniuSy de flambeau des interprèles grecs, grœcorum interpretum lucema. Ses ennemis fondèrent en partie l'accusation d'athéisme sur l'aversion qu'il manifesta contre les jésuites. Quand ceux-ci vinrent à Padoue établir un collège, c VAnli-Gymnaie, » Crémonin fut charge par le Gymnase de les surveiller et d'arrêter leurs progrès.

Au moment où Bruno se rendait à Padoue, c'est cette dernière affaire qui agitait l'université et qui, sans la rencontre de deux autres mouvements, eût fait grand bruit. Mais il s'était élevé en même temps une vive altercation entre Herc. Saxonia et Massaria sur le traitement de la fièvre, et une sorte de sédition contre les professeurs à mémoire chancelante, à imagination timide, qui se bornaient à lire ou à dicter leurs cahiers. Le sénat de Venise embrassa le parti des élèves, taxant cette coutume d'abus honteux et préjudiciable, dannoso e vergognoso abusOf et voulant qu'on imitât l'université de Paris, dont les maîtres étaient tenus de parler avec une rapidité telle que les auditeurs Tussent incapables d'écrire tout ce qu'ilsentendaient. Enfin, le sénat condamna à une amende de vingt ducats les maîtres qui liraient ou dicteraient désormais. Cette jeunesse turbulente, ^ qui assommait impunément les passants sous les arcades dont les rues de Padoue sont bordées; condamnait à sa manière les infracteurs, c'est-à-dire en les sifitant et en leur infligeant certains sobriquets, tels que docteur de papier, dœtor charlaceuê. ^

1 Gomp. H. EsnBHNX, Apoh pour Birod», p. V7. * Elle supportait même plus paliemment^ceux qui, de temps à autre, osaient désobéir au décret que ceux qui, comme Piccolomini en 1579, voulaient passer

Ce peu de faits suffBsent pour montrer qu'if régnait i Pà'dôué ADiant de liberté de penser qu'à WIttemberg. Aristôfe y était pour ainsi dire adoré, et quand cette université voulait honorer un de ses philosophes, elle le surnommait un secohd Arl^ tofe. Mais en même temps Arrstote y était expliqué et complais avec on esprit philosophique. Aussi les consciences timoréeé disaient-elles hautement que le Sragirite servait seulement de manteau aux novateurs, que Venise tolérait un trop grand nombre de déviations et d'écarts, enfln que Padoue n'étarft qa'un foyer d'athéisme. Celte accusation semblait d'autant plus fondée que les hérésies religieuses trouvaient aussi parfois accès ou asile dans celte célèbre école.^ Ceux qu'on appelait les transalpins^ ne cachaient pas leurs sentiments, et le sénat, craignant de les dégoûter du séjour de la république, respectait chez eux les opinions de Luther, ^ et alUit jusqu'à les flatter. Lorsqu'en 1588 un professeur d'anaiomie,Fabricius, occupé à décrire les organes du langage, et s'étant moqué de la prononciation germanique, eut excité une sorte de révolte dans la nation allemande, le sénat descendit aux plus humUes caresses pour donner à celle-ci pleine satisfaction.^

Ce n'est pas toutefois la philosophie seulement, en pos-

directement du VU* livre de la Physique d'Âristot» au !•', en sautant pardessus le Vin« à pieds joints.

* Servet, Gribaldi, Fab. Ntpbo, y avaient apporté, mais sans succès, divers. genres cThétérodoxie. (Voy. Gerdesu Speeim, ItaL réf. y p. i76. Gfr. de THOUfidonn. 1573.)

* La population académique se divisait en deux nations également nombreuses-.les transalpins et les cisalpins. Le recteur était choisi Indistinctement chaque année dans ces deui corporations. On comptait deux cents Allemands, parce que cette dénomination co/nprenait aussi les Anglais, les Slaves et les Scandinaves.

* £n f577, les écoliers allemands s'emparèrent de la prison oA NIpbo était détenu ;^le sénat Al semblant dMgnorer leur méfoit.

^ «L'état de Venise, écrivait en 1581 Faunt à Ant. Bacon, est plus sAr poar les étrangers qu'aucune partie de la France» (Af«mo<rf ofBireh). (Test à Padoue que vinrent étudier Spencer, Arthur Throckmorton, Tooley, MiddlctoD.Rendal., Knightley.

session de dix chaires, ^ qui faisait affluer les étrangers à Padoue. En dehors de la faculté des ArlisteSf il y avait des novateurs, des inventeurs illustres. Le droit y fut enseigné pendant quarante ans par l'émule d'Alciat, Panciroli ; la médecine par J. B. da Monte; Tanatomie par l'infortuné Vesalio de Bruxelles, le maître de Gabriel Faloppe, « le Colomb du corps humain^» et que Portai a mis au-dessus des Colomb et des Galilée» parce que, disait-il, la première étude de l'homme c'est l'homme.^ C'était surtout le jardin botanique qu'on admirait et qu'on voulait mettre à profit. La c chaire des simples >> fut occupée par L. Anguillara, le Hallerde Padoue, par le Prussien Wielandy (rut'Uandtno/ enfin par Alpine qui, pour enrichir ses collections, avait été herboriser jusqu'en Orient. C'est en 1592, au mois d'octobre, que fut installé dans la chaire de mathématiques le héros de l'astronomie moderne, Galilée. Deux ans plus tard, un dominicain qui devait un jour faire en prison l'apologie de Galilée, comme Bruno faisait de toutes parts celle de Copernic, Campanella apporta de Cosenze à un nombreuxauditoîrelesconseilsetles découvertes de Telesio. On le voit, après Aristote, et gr&ce à Aristote, c'est la nature qui formait l'objet principal des études à Padoue; et plus d'an siècle après, Huet' avait encore raison de dire que c ce lieu agréable était propre aux études spéculatives, i» ^

La gloire de Padoue était donc bien légitime. Padouan, dit Vico,^ est synonyme de lettré, comme Chaldéen autrefois signi-

< Cinq chaires de philosophie , trois de logique , une de morale , une de sophistique.

■ {Bi»t. d» Vanatomie, I, p. 433. ) Ce rapprochement rappdie le parallèle que Roger Drake fit en ISiO [de Circul. natur.), afin de revendiquer pour le» Anglais llionneur d'avoir découvert à la fois le monde et Thomme. Francis Drake, dit-il, fit le oremier le tour du macrooosme; Harvey, celui du microcosme.

* Cattedra de* iempliH,

^ Traité phUoiopMqu» de la faible$H d» VêiprU humain^ p. 9.

* Seienxa nuova, II, c. 57.

liaîi érudit. Pent-étre hors d'Italie ce nom était-il encore plus estimé. Si Paul-Manuce Télicite, en 1566, Octave San-Marco de s'être fixé à Padoue» en disant : ^ < Tu t'es rendu à Padoue : quelle ville! c'est une autre Athènes!» Shakespeare vante avec bien plus d'enthousiasme « la docte, la belle, l'bospitalière Padoue, la nourrice des arts, qui laisse couler en abondance le miel d'une douce philosophie! »^

k c6té de l'antique Studio florissaient d'ailleurs, comme par toute l'Italie, des compagnies lettrées et savantes, les unes vouées aux sciences exactes et naturelles, les autres à la poésie et à l'éloquence ',3 il y avait môme des académies d'équitation. Dans ces sociétés, ou élégantes, ou graves, se formaient principalement le style, la parole, le goût; tandis que sur les i)ancs et dans les chaires de l'université on apprenait plutôt à étndier,^ à penser, à se remplir la mémoire de faits et d'idées.

Ces sources et ces titres de grandeur se manifestaient par lous les signes qui annoncent la prospérité d'une école : Padoue eut des élèves célèbres et de zélés protecteurs. Paul-Jove', Guicfaardin, Fra Castor, Gasp. Gontarini, Bern. Telesio^ Pairizzi, Bened. Manzuoli, Nie. Sfondrate (Grégoire XIV], Paul Sfondrate, son frère, Girol. délia Rovere, Scip. Gonzague.

* MPatavium te contulisti : quam urbem! Athenas altérai!» ( Epp, 1. VII, ép. XYi.) Gfr. A. PalbAbio, Epp. 1. 1, ép.vin (1535) : « ... Sapientia in unam urhem eommigravit , veluti in aliquam domwn , tûn Pallat omnes artet docet, » etc. Cest dans des termes analogues que Bruno préconise Wittemberg. (Voi.P.I,p.l54,sqq.)

* « To ses fair Padua, nursery of arts — c I am arrived for fruitful Lombardj, t The pleasant garden of greatltaly...

c Hère let us breatbe and happilj ÎDstituie « A course of learning and ingenious studies. « {Taming ofthe skreto.)

Ce qui augmente le prix de cet éloge , c'est qu'avant de placer la scène de sa pièce à Padoue, le poète anglais Tavait mise dans Athènes.

* Je dois me borner à en rappeler les titres : gli Inflammati ( 15i0 ) ; gli Eterei (1563); i GifmoeofUti, gli AnimoH, gli Eceiiati, gli Âteetini, etc.

Aug. TalîerOy le Tasse, Dominis, Gampanella, Langue!, Phil. Sîdney, Gabr. Naudé, voilà quels furent au XVP siècle ses auditeurs les plus distingués. A la tète de ses patrons se trou* vait la sérénissime république de Venise qui, dès l'origine, chargea trois comniisspires-inspecteurs,^ appelés fes Réformateurs, de veiller aux progrès de l'université, et les autorisa à dépenser des Sommes considérables pour attirer les savants du Nord. Ces magnifiques seigneurs, qui semblent comiques quanti ils épousent en cérémonie la mer,

<c Dont ils sont les maris et le Turc Tadultère, » *

combien ils paraissent grands, lorsqu'tU dotent les filles des professeurs de Padoue ! Parmi les pârrieuliers qui, dans eettt^ même université, secondèrent la marche de Pintelligence et aidèrent à l'accroissement des lumières, il convient de mentionner le Bembe, Bened. Giorgi et Pinelli.

A la mort de Léon X, le Bembe, historiographe de la république, se retire à Padoue, gagné par « les charmes des Muses |)atavines, » non moins que par ceux d'une signora Morosioi» et fuit tous ses efforts pour relever l'université des désastres de la guerre. Sa mort, arrivée en 1547, y cause un deuil universel. 3 C'est à force.de bienfaits que le patricien Giorgi, patriarche de Venise, parvient à accomplir une réforme qu'il |)Oursuivait ardemment, savoir, l'introduction de la bonne latinité dans l'enseignement et l'expulsion complète du jargon

scolastique. Pinelli est un bienKiiteur encore plus généreux. C«!

t De mèmequ^elle avait établi trois magistrats, censeurs des mœurs, fopra •'{ hen vit ère délia città; ou trois autres, assesseurs aux délibérations du Père Inquisiteur.

*.J. DUBBLLAT.

S ' 4 Per la morte del Bembo un b\ gran piauio

> Piovve dagli occhi del umana génie,

> Ch' era per affogar veracemenle

» Corne in diluvio il mondo in ogni canto,« etc. Don B5ICO YBNIBBO.

noble Génois, né à Naples, aussi dévoué aux lettres qu'il est lui-même instruit» fait de sa maison, durant un demi«siècley le rendez-vous de tout ce que l'amour de la science et la curiosité conduisent à Padoue. DeThou, après lui avoir rendu visite, le compare à Pomponius Atticus.^ Son immense bibliothèque, une des plus exquises et des plus riches de la presqu'île apennine, ses collections d'histoire naturelle, d'instruments de mathématiques et d^astronomie, de médailles, de dessins, de (ableaux, tout est à la disposition des habitants de Padoue.^

Terminons cette excursion par le nom qui se trouve indissolublement lié au nom de Bruno. En dépit des affronts que Scioppius avait essuyés à Venise en 1609, c'est à Padoue qu*il passa les quatorze dernières années de sa vie; et s'il ne contribua pas avec la même ardeur que Pinelli et le Bembe à l'avancement des études et à la gloire de l'université, îl donna du moins aux jBattres et aux élèves l'exemple d'un travail invincible, kAoris improbi.

1 Bisior. nd temporiê, lib. GXXVI.

' c Nolhis est, non in hac orbe solam, sed ne in totft qafidem Europà , locus qoo n^jores doctorum atqae insîgnium in qaalîbet liberali arte virorum ooncarsos, ac frequentîores fiant quam ad aedes tuas , Joannes Yinoenti Pinelle, Dostne décos sutîs atque ornamentum. Confluont enim ad te quotidie ex divenis orfais regionibas, qui te aut offidi caus& invisant, aot de gravi aliquâ disputatione consulant, aut ignotam sibi antea bdem tuam contem^lentur. > (A;nr. Pkrsius.)

Page 1