PRÉFACE. IX
En le préparant, en le composant, je n'ai été animé que du pur amour de la vérité historique. Je me suis toujours gardé avec soin d'exagérer les mérites ou d'amoindrir les torts, soit de l'homme, soit de l'époque* J'ai dit tout ce que j'avais vu, tout ce que j'avais cru voir. Je n'ai essayé nulle part d'atténuer les paroles par lesquelles le XYl* siècle exprimait ses affections exaltées et ses haines vigoureuses. J'ose donc penser qu'il serait déraisonnable de chercher, sous les rudes expressions d'un Bruno, je ne sais quelles insinuations mahgnes, quelles pusillanimes allusions aux personnes et aux choses du temps où nous vivons. Parce que je répète les plaintes d'un contemporain de Paul IV et de Philippe II contre « le despotisme assis sur les bords du Tibre, tiberince tyrannidis, » je serais suspect de prétendre appliquer ces mots aux pontifes de notre époque ! Ceux qui conduisent les âmes et gouvernent les esprits par la douceur et la .modération, se distinguent trop nettement de ceux qui veulent les rendre heureux à force de rigidité et de dureté, pour que l'idée puisse venir d'assimiler les uns aux autres. L'historien qui se