‹ Joseph AutranChapitre 109 sur 154 · Recueillie dans Flûle et Tambour · texte numérisé non relu

Recueillie dans Flûle et Tambour

commence ainsi : (( Ferme-toi... », pour s'achever sur ce vers :

Je m'avance à tâtons sur un monde en débris K

Puis, par un démenti admirable, aussitôt il se retrouva poète, mais poète satirique comme dans les Épilres, et dans une forme nouvelle pour lui, le sonnet classique. Il en fut tellement rempli que, nous dit son secrétaire, dans ses promenades le long de l'Huveaune, à Marseille, il lui arrivait, après un commun silence, de s'écrier : « Parlez-moi, car je sens que je vais faire un sonnet ! » De cette espèce d'ensorcellement qu'on prendrait volontiers pour un cas pathologique, naquirent les Sonnets capricieux, volume nouveau qui dut accroître l'édition complète. C'étaient, dit Monselet, « de brillants épis mêlés à quelques herbes insignifiantes ». Chez Laprade, ils sont caractérisés autrement :

Une grande âme habite en ces petits corps frêles; La Muse les chérit : seuls, ils ont à la fois L'aiguillon, le miel et les ailes 2.

Page 1