La Fille d'Eschyle
chambre comme un pestiféré, et là, sans trêve ni relà- 1 che, j'ai tant fait qu'au bout de vingt jouis •, j'avais mon ' drame en cinq actes et en vers, plus une fatigue nerveuse dont je me ressens encore un peu. J'étais sur le | point de guérir lorsque le Duc d'Aumale est arrivé à ! Marseille. 11 fallait une pièce de vers pour le soir même î au directeur de notre Grand-Théâtre : j'ai eu quatre heu- | res pour la faire, et je l'ai faite, et ce qu'il y a de plus j étrange, c'est qu'elle a eu beaucoup plus de succès que i si elle eût valu quelque chose-. Tout cela, mon cher j ami, m'a secoué à tel point que j'ai reculé jusqu'ici j devant l'idée de recopier environ deux cents vers. Je ' vais pourtant au premier jour m'acquitter de cette dette, i et je vous supplierai d'accueillir ce mince hommage à ' votre admirable talent comme s'il ne s'était pas fait , attendre d'une façon si ridicule. Adieu, mon excellent ami; j'ai relu dans la Revue Indépendante votre délicieux : poème ^ : c'est de la poésie exquise, telle que vous seul I savez en faire dans cette époque où la prose envahit tout, \ même la poésie. Vous êtes, croyez-moi bien, le plus pur ] et le plus idéal de nous tous, et c'est à ce titre que je ! vous admire en vous aimant. '
AUTRAN
1. C'est évidemment la version véritable. La Maison démolie \ dit « douze • jours.
2. Soirée du 29 juin 1843. Voir le chapitre v de la Vie d'Autran. \