C'est le volume des Sonnets capricieux
PIKCES JUSTIFICATIVES. 281
Nous sommes à la (iii ih»ii |»as seulement de toute littérature, mais de toute eivilisation. Jusqu'au jour <tii nous serons égorgés par les Barbares, vivons, causons, écrivons, chantons, comme si nous étions encore dans la véritable France. C'est une façon de narguer les Barbares. Quant à moi, qui suis moins Athénien et spirituel que vous, moi, l'Auvergnat' quelque peu rageur, je regrette amèrement la vie et la santé qui me manquent. Je finirai en crachant ses vérités à la République comme j'ai craché les siennes à l'Empire.
Donc je vais ine délecter dans votre volume. La forme en est bien appropriée ii l'état de ma pauvre tête, qui ne pourrait pas digérer un long poème : à la place d'un lourd filet de bœuf, vous me donnez des becs-figues et des ortolans...
Dieu vous garde, cher ami, et vous conserve votre reste de vue et cette charmante intégrité de votre esprit et de votre grâce ! Je vous embrasse de tout cœur.
\MCTOR DE LAPRADE
Monselet à Aiitran.
Vendredi 3 avril 74, Marseille.
Monsieur et cher confrère,
11 y a quelque chose comme une trentaine d'années que je désire serrer la main de l'auteur de Milianah et du
\. Laprade exagère : il n'était pas originaire d'Auvergne, mais de la province limitrophe du Forez, faisant d'ailleurs partie, comme l'Auvergne, du Plateau Central. (Note de M. Paul de Laprade.)
sympathique compatriote de Justin Dupuy, notre ami commun, ami de jeunesse '. Ilépétons : il y a trente ans... Puis-je espérer avoir ce plaisir? Je n'ose entreprendre ce petit voyage "^ sans y être encouragé par vous. Nous sommes tellement soupçonneux, nous autres folliculaires! Mais l'académicien sait bien que nul ne lui est plus entièrement et plus absolument acquis que son dévoué confrère