La Mer, II
récits de son père, les suggestions de l'excellent ïini, jusqu'au paysage familier enfin, le prédestinaient à être le poète pélagique qui manquait aux littératures'. Au fond, comme nous le verrons, peu de poètes ont été plus impressionnés par leur milieu. Lorsque son mariage l'aura éloigné de la mer, les champs feront de lui un barde rural. Des retours d'Algérie l'auront déjà fait — mais pour peu de temps — chantre militaire.
Il était trop (pour ce temps-là) de l'école des lyriques pour concevoir une épopée maritime. Son travail est une série d'impressions sans autre lien qu'un horizon de mer.
Ce qui soutenait son courage, c'était l'accueil fait par la Revue des Deux Mondes à ses vers sur Lamartine. Deux strophes avaient été insérées dans le numéro du 15 juillet 1832 : on reconnaissait dans la pièce « un mouvement plein de naturel et d'harmonie », ce qui est vrai. Ainsi donc, non seulement Marseille, mais Paris aussi avait maintenant l'œil et l'oreille avertis.
Lamartine revint (1833). Il était en deuil, mais ce n'était pas son deuil qui l'avait changé. Il vit