DE LA MER AU VOYAGE DE ROME
Le Commodore américain. — Menpenti. — Gustave Ricard. — Mort de Taïeule. — Les Ludibria. — L'Académie de Marseille.
— Chateaubriand. — La tribune du Sud. — L'An Quarante.
— Dosithée Teissère. — En Italie : Gènes, Pise, Rome et les Camaldules (1840).
C'est ici, croyons-nous S que se place ce projet avorté d'un beau voyage qui eût ouvert à la poésie d'Autran une source nouvelle. Une frégate américaine stationnait à Marseille, en partance pour une croisière en Orient. Le commodore cherchait un interprète. On lui parla dAutran, qui lui convint. Quel rêve! Recommencer, lui chétif, la poétique tournée de Lamartine! Ajoutez qu'il y aurait eu pour compagnes de route les plus adorables jeunes filles.
1. Seul point de repère : Clémence Bec était mariée, ce qui l'eut pas lieu avant 1833. Voir aussi la Mer, I, 13.
38 JOSEPH Al'THAN, SA VIE ET SES ÛEUVIIES.
C'est précisément cette circonstance qui, cOii der- ;
nier moment, empêcha la réalisation de ce joli i
songe. Le commodore trouva qu'un jeune homme !
aussi distingué était un sérieux danger pour ses filles, i
Il leva l'ancre, emmenant un fils d'épicier à sa place. ;
Chose curieuse : c'est la jeune madame Fitch \ elle-même', la future femme d'x\utran, qui s'était
entremise auprès du capitaine américain pour un I
voyage qui eût peut-être changé leurs deux des- ;
tinées. i
Jamais le poète ne se consola de ce voyage manqué. '
Et c'est avec un triste retour sur lui-même qu'il écri- |
vait, en 1842, à son ami Jules Gamel : •[
II faut infiniment trop de philosophie, j Il faut être insensible, et quelque chose encor.
Pour savoir qu'à Stamboul il est Sainte-Sophie, ^
Et pour se contenter d'aller voir la Major ^. |
A la fin de l'année 1835, un poste convenable s'of- !
frit enfin à Autran, qui l'accepta.
Une sécession — dont il n'avait pas connaissance, I
dit-il — s'était opérée au Petit Séminaire. L'abbé i