‹ Joseph AutranChapitre 53 sur 154 · Nous pensjns qu'il s'agit de lady Greig · texte numérisé non relu

Nous pensjns qu'il s'agit de lady Greig

l')0 JOSEPH Al'TUAN, SA VIE ET SES ŒUVRES, j

L'avant-veille des Rameaux, le jeune poète entrait: à Home. Il y entrait de dos, comme il le remarquej par suite de l'arrangement des voyageurs dans la dili-i gence. i

Sa première visite fut pour le Café Grec, où il savait devoir rencontrer des connaissances. En effet, j il y trouva son ami Dominique Papéty, le meilleur I élève d'Ingres, grand prix de Rome de 1836, et dont la vie artistique presque entière, comme celle du " Poussin, s'accomplit en Italie. Papéty, très esthétiquement, lui fît connaître Rome, le Colisée sous le clair de lune : limpression fut inoubliable. i

Ensuite Autran logea sur le Tibre, à la Ripetta, et ' consacra désormais tout son temps soit à la visite ; raisonnée des monuments, avec Nibby pour guide, ■ soit à ces solennels offices de la funèbre Semaine, ■ jusqu'au jour extatique de la Résurrection. Comme il ; arrive aux Barbares, le Français fut vivement choqué ; de la familiarité avec laquelle la populace de Rome i en use même avec son miraculeux Saint-Pierre *. ^ Le lendemain de Pâques, il quittait cette Rome, si i rapidement sillonnée, pour Naples, où il arriva le jeudi suivant. Mais l'agitation napolitaine l'of-

i. Œuvres complètes, VII, p. 44G.

JOSEPH AUÏllAN, SA VIE ET SES OEUVRES. 51

fLis(jiia tellement ({uc, le jour même (24 avril), il se chercha un abri aux Gamaldules, où il resta plus d'un mois, nous dit-il, dans le silence monastique, devant le plus radieux horizon. Là coula en abondance la fontaine des vers, toujours ruisselante, du reste, depuis la cote ligurienne. Nature iieureuse et sympathique, de qui, elle aussi, l'on peut dire : a Mise au centre de tout comme un écho sonore ». Treize pièces, de nous connues, datent de ce voyage. Les plus importantes n'ont pas été recueillies dans l'édition définitive '. Ce sont Ma première nuit à Home, dédiée à l'ami Papéty, et Saint Pierre de Rome-, qui a de la force :

U«''gne donc! de la gloire enveloppe respace ! I.a foule en vain i)lasphènie, en vain le siècle passe : 0 temple, sois toujours le temple souverain, p]t, de Rome à tes pieds dominant les ruines, Demeure inébranlable entre les se[)t collines, Colline de Jaspe et d'airain!

!. La plupart des pièces conservées se trouvent dans les Poèmes de la Mer, éd. de 1852, pp. 23'J-28>.

2. Voir le Sud des 25 juin 1840 el *.) septembre 1840. Documents sur d'autres séjours en Italie, au temps de sa richesse : Lac de Cônie {Œuvres complètes, t. VIN), Sonnets capricieuj-, pp. 208-212.

Page 1