‹ Joseph AutranChapitre 59 sur 154 · Sémaphore du 18 janvier · texte numérisé non relu

Sémaphore du 18 janvier

2, Voir tout le récit, Maison démolie, pp. H 6-1 21.

Bugeaud, qui déjà, au Parlement, avait blâmé sa tactique de vieillard, fut envoyé lui-môme à sa place (29 décembre) pour appliquer ses propres idées. Telle est la part, modeste assurément, qui revient à Joseph Autran dans l'œuvre de la conquête algérienne. Littérairement, il fut loué pour avoir montré une nouvelle manière, familière et nerveuse, mieux comprise d'un public dégoûté de lyrisme \

En môme temps paraissaient (toujours chez Barile) ses fameuses notes du voyage de 1840, fondues sous ce titre : L'Italie et la Semaine Sainte à Home (365 pages). Par un procédé courant dans Chateaubriand, et dans Dumas encore, si j'ose dire, cet ouvrage est plein de digressions de tout ordre : anecdotes -, archéologie, souvenirs d'histoire, — de quoi faire illusion un peu, car ce voyage a été bien court. Autran môle le tout de pages de vers — les vers que les choses lui inspirèrent. Mais sa prose môme, humoristique et grandiose tour à tour, fut bien accueillie. Le morceau de bravoure en était sa méditation sur Saint-Pierre.

Le lyrique, un peu comprimé dans Milianah, se

1. Voir l'articl'e du Sémaphore ciié siiprà. •1. Comme celle de l'Obélisque de Sixte-Quint, qu'il se pique d'avoir apprise aux Français, Œuvres, t. VU, p. 300 sqq.

JOSEIMl AUTUAN, SA VIE ET SES ŒUVRES. 59

dédommagea en saluant, dans le Constitutionnel, le retour des Gendres, à côté de Victor Hugo et de Barthélémy '. Le titre de la pièce, Grondia Ossa, sentait de loin son amateur tic Virgile. Mais Autran ne s'enrôlait pas, pour cela, clans les rangs des bonapartistes, non plus que jadis, par son Schœnbrûnn. Quel poète, alors, eut pensé préparer l'Empire?

Quelques mois après, le poète de Mdianah allait reparaître.

Le 30 juillet 1841 (et non pas 1840, comme il l'a écrit"-), le 17' léger, revenant d'Afritjue, passait par Marseille. Le jeune duc d'Aumale le commandait. Il y avait déjà quelque gloire africaine dans le drapeau de ce régiment. On préparait pour lui une soirée de gala au Gymnase, et le Directeur, Glérisseau, vint quémander quelques vers d'Autran. Brave comme Méry en cette occurrence, le poète donna un titre pour les affiches, et, avec l'interview d'un jeune officier qu'il tira de sa torpeur sur un banc des Allées de Meilhan, il composa dans la nuit un RpAouv d'Afrique qui fut lu par Laferrière le lendemain et eut un succès sans pareil ^ Le prince en fit distribuer des exemplaires à

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