‹ Joseph AutranChapitre 73 sur 154 · DU PASSAGE DE DUMAS FILS AU TRIOMPHE DE L'ODÉON · texte numérisé non relu

DU PASSAGE DE DUMAS FILS AU TRIOMPHE DE L'ODÉON

Les deux Dumas. — Autran à Paris. — Le contretemps. — Lamartine au Prado. — L'Odéon. — La Révolution de Février. — La première représentation de la Fille d'Eschyle. — La crise des théâtres. — Retour. — La légende de M. Martin.

Il existait entre Joseph Autran et Alexandre Dumas fils, de onze ans plus jeune, un véritable commerce d'âmes, auquel la différence des caractères — gravité habituelle chez l'un, exubérance chez l'autre — aidait plus qu'elle ne nuisait. Liszt fut un météore dans la vie du doux poète : Dumas, comme Laprade, en fut

le quotidien soleil, si l'on peut dire.

ri

Le Sud, de tout temps, avait été très favorable aux Dumas, insérant même des choses fort pénibles pour Jules Janin traité de (( critique épais et ignorant », pour son appréciation d'un Mariage sous Louis XV.

Janin s'étant offusqué de la verte riposte de Dumas, le Sud — évidemment, Autran lui-môme — avait comparé à cette réponse les couplets autrement virulents de Racine et Boileau au duc de Nevers, et vie*', versa, h propos de Phrdve^.

Personne ne fut donc surpris de l'échange de belles rimes qui eut lieu les G et 8 janvier 1847 entre le chroniqueur du Sud et Dumas fils, retour d'un voyage en Espagne et en Afrique. Plus tard, l'âme d'Autran restait toute heureuse au souvenir de cette intimité de jeunesse -...

Un mois après, Alexandre Dumas regagna Paris ^ Avec Maquet, son père montait le Théâtre-Historique, lequel s'ouvrit, fin février, par une représentation de la Reine Margot, que le duc de Montpensier honora de sa présence *. Dumas, malgré tout, ne pouvait pas toujours, à lui seul, occuper la scène : son fils lui apportait un manuscrit tragique. C'était cette malheureuse Fille d'Eschyle

\. Voir le Sud des 3 et 15 août 18 i3. De toute manière il y eut raccommodement. Voir la lettre de Janin, du 19 mai iSoO, aux pièces justificatives.

Page 1