‹ Joseph AutranChapitre 81 sur 154 · Poèmes de la Mer, 1852, p · texte numérisé non relu

Poèmes de la Mer, 1852, p

tration de l'homme et de l'artiste, qui dura jusqu'au printemps de 1849, où il délivra son ame de tout son poids d'amertume en écrivant ce poème des Naufragés qui est dans son œuvre comme le Désespoir dans l'œuvre de Lamartine, une note inattendue de déchirement et d'angoisse :

...Ah! pouvions-nous prévoir, quand nous sommes Que nous serions, hélas! loin de vous engloutis [partis,

Sous l'épais linceul des eaux noires.

Et que les souvenirs que nous avons laissés, Plus vite que des mots sur le sable tracés.

Seraient rayés de vos mémoires!... *

L'année qui suivit (1850), l'auteur dramatique eut sa récompense, — moindre, estime Monselet, que son mérite ^, — dans la répartition annuelle des prix Montyon par l'Académie française. Il toucha une médaille de trois mille francs, détachée du prix de Gabrielle. Villemain, secrétaire perpétuel, s'effarouchait bien un peu de cette « témérité d'avoir prêté des sentiments et tout un langage à ces grands génies qu'on a peine à traduire ». Il définissait l'œuvre : (( réminiscence grecque plutôt que forte imitation de

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