‹ Joseph Bonaparte en Amérique: 1815-1832Chapitre 24 sur 41 · VUE D -ENSEMBLE · texte numérisé non relu

VUE D -ENSEMBLE

Joseph, bon, faible et blessé par le gouvernement de Juillet comme tous les siens, ne pouvait ne pas céder, à la fin, à leurs instances et aussi à la séduction de leurs avis favorables, de leurs confiantes promesses. Il hésita, recula, mais, finalement revînt.

Il va toucher la côte anglaise et, par conséquent, n'appartient plus à ce volume, consacré seulement à la personne du comte de Survilliers, c'est-à-dire au Joseph des dix-sept années d'Amérique, de vie saine et libre ; au Bonaparte philosophe et, il ne faut pas hésiter, car tout dans son existence d'alors nous ramène à ce qualificatif, le réclame, l'implique, et républicain.

La façon dont le président le recevra à Washington, à l'heure du départ, montre à quel point ce qualificatif est juste et à quel degré le frère de Napoléon avait su conquérir les suffrages du peuple des Etats-Unis, puisque, dans ce pays d'opinion publique, où celle-ci seule règne en souveraine, les hommes au pouvoir en étaient arrivés à le traiter, lui, en somme, simple particulier, et, sur ce sol égalitaire ne pouvant pas avoir d'autre titre, avec une considération unanimement approuvée par la presse.

Joseph était arrivé exilé, fugitif, et reçu à regrets ; il partit en hôte apprécié, honoré et

regretté publiquement. Nous nous sommes bornés au rôle de fidèle et d'impartial historien. Que pourrait dire de plus un apologiste ?

Page 1