MOUTIERS-TARENTAISE F. DUCLOZ, IMPRIMEUR ÉDITEUR
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(yî MONSIEUR LE PREMIER PRÉSIDENT MERCIER
Voule\-î'ous me permettre, mon oncle, de vous dédier ces pages ?... Je vous en lus quelques fragments, — vous en souvient-il ? — ce soir d'automne oii je vins vous surprendre dans cette charmante demeure de Saint-Jeoire, qui abrite, au pied du Môle, votre vieillesse honorée, après avoir vu naitre l'enfant de notre Savoie devenu, a son heure, le premier magistrat de France ( i )...
Vous verre^ revivre ici, — dans l'intimité de l'antique vie patriarcale qui fut celle de nos pères, qui est encore la vôtre, — la grande figure de Joseph de Maistre : vous lave:; contemplée, aux jours de votre première jeunesse... Plus que tout autre, vous Vavei admiré, connu et aimé, celui che\ lequel s'unissaient aux illuminalions du génie toutes les noblesses du caractère, toutes les saintes abnégations du devoir, toutes les énergies du tempérament savoyard, toute la
C/) Monsii'ur Mercier est, comme on le sait, premier président honoraire de la Cour de Cassation^ dont il a été le premier président effectif du lo mars iSjy au i8 nui 188^.
vigueur et toute la générosité d'un esprit et d'im cœur français...
Avant lui, le précédant sur la route, vous y rencontrerez le Président Maistre, le père d'autrefois, le juge austère, le jurisconsulte profond ; autour d'eux, vous y retrouvere\ toute cette pléiade de magistrats qui constituèrent jadis le Sénat de Savoie, cette école de science, de dignité et de vertu a laquelle vous ave:{ appartenu, vous aussi...
Parler d'eux, c'est penser à vous... N'êtesvouspas, entre eux et nous, comme le trait d'union, comme l'image surinvaitte d'un passé qui eut ses heures de grandeur et que nous n'avons point entendu renier, en nous donnant sans retour à la patrie française ?...
Laissei-moi donc, mon oncle, mettre votre nom en tète de ces pages ; en les plaçant sous un pareil patronage, je leur ménagerai un accueil auquel elles ne sauraient d'elles-mêmes prétendre et, — ce qui me préoccupe et vous touchera davantage, — j'apporterai à votre verte vieillesse le tribut de ma respectueuse affection...
François DESCOSTES.
Chambéty, déceinhrc /8ç2.