‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 112 sur 152 · I.K '■■ l'AI'K ' 1;T IJ;S t:ONTEMI'OHAINS · texte numérisé non relu

I.K '■■ l'AI'K ' 1;T IJ;S t:ONTEMI'OHAINS

(''ci'ivaiii, mis sur !<■ clMinIrlicr (■clic linnicrc i|iii doit ('•chiii'cr loiilos les iiiilictiis ' o.

L'Ami tli' 1(1 r<7/(/jo/( ;iiii"iil iii;iiM|m'' ;'i s<iii lilrc s"il cul, in'i,'liuf('' Toux ra,i,'<* de .1. de Mni^^l l'c. Il |iidili:i I rois ;i ri ides sur le l'iiiic ■-; (•"esl pliihil une aii:dyse (nriiiie !i|t|ii(''ciatioii; nous délaclioiis de la eoiiclusioii ces (juciques lii,'-iies, (jui sont inspirées par un ullraniontanisme inodéi-é : « Kn général, tout louvrage n'est pas seulement brillant et ingénitnix, plein de traits fins, de rapprochements piquants, de pensées solides et fortes; il |iai"iîl i)artir encore d'une anie sincèrement attachée à l'imili', aniiiK'e d'une foi vive, cl ((ui l'ail les plus tendres vieux pour la gloire de la l'cligion. Des disposilions si rares peuvent bien couvrir ([uelques délauls (pu' la ci'i- ['n[nr a pris soin de relever; un ton queUiuefois [jcu grave, d<'s expressions moins exactes sur les conciles, et (Tantres assez peu ménagi'es peut-être sur des auteiu'S duu nom inqiosant. Il serait aisé de l'aire disparaît i-e ces inadvertances ou ces inexactitudes, et le tond de l'ouvrage restera comme un monument précieux du zèle dun laïque, d'un homme dKlat, d'un esprit supérieur, i|ui, au mili(ni d'une affligeante défection, reste fidèle à la foi anticjue, et apporte à la religion le tribut de ses hommages et le secours de sa plume ^ ».

1. Cf. DrJ'rnsr <lc l'Et^sai .s'///' riitdiffrrciirr. [lirrr:! rrhilii'rs au ^rrnnd volume, ii."2i."i (2-.'(iil.. 1821).

•J. V tlii 4 iiuns 1820. I. XXiil; du i:i .ivril IS2(). I. X.\1V: <iu 27 mai. I. X.W.

:t. La vriilr ilu livre lui as>('/. ni'livc: les 2000 i'.\i'n)|ilaircs île la 1" r-ditiuM s'crDuliiciil rnpidcmciil, cl. le :î avril, l'aulcur |iailaH à siiu édiicur lyimiiais d'une <l(Mixii'im' édilioii. Une ((inlrciarim paru! en lii'l,L;i(|U('.

.1. de Maistre avait porté la [icinc de son audace : venu trop tôt, devançant, pour ainsi dire, l'ordre des temps, il avait mené en faveur de rultramontanisme une campagne prématurée, dont il ne vit pas les résultats avant de mourir : « Ce livre, écrivait- il le 9 février 1820, me donnera peu de contentement dans les premiers temps; peut-être me donnera-t-il beaucoup de désagréments; mais il est écrit, et il fera son chemin on silence. Rodolphe peut-être recevra les compliments >.

Il avait prévu que les gallicans et les libéraux répondraient à son livre; cependant l'explosion n'eut pas lieu immédiatement. Mais le nom de J. de Maistre se faisait de plus en plus provocant : deux ouvrages posthumes, Y Église gallicane et les Soirées de Saint-Pétersbourg , parurent à quelques mois d'intervalle; le 14 mai 1821, un orateur le citait à la Chambre des députés comme un Père de l'Église; O'Mahony célébrait dans le Drapeau blanc (29 juillet 1821) le triumvirat, Donald, Lamennais et de Maistre, qui, disait-il, « s'étaient partagé l'immense domaine de la vérité, et marchaient à la tète de ceux qui entretenaient encore le feu sacré de la foi ». L'infaillibilité devenait à la mode; les femmes disaient leur mot sur la question : dans un volume d'une collection récemment fondée, l'Encyclopédie des Dames, Mme Sophie de Maraiso, rappelant l'offre de la couronne royale faite à Charles Martel par Grégoire III, disait : « La suprématie papale n'était point encore reconnue dans toute l'Europe en 740 »; dans un autre volume de cette Encyclopédie, Mme de Bawrexcusaitpar rinteï'vention du pape Zacharie rusuri)ation de P(''pin, car, tlaprès elle, « l'assentiment

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(les pnpi's (''f;iil |»ro|ir<' ;'i l'assiirci' plus (rtuic coiisricnc»' siii" l'oubli (!«' la foi jui'c'r au souverain k'ij^iiinie ».

On se r(''p<''tail rpic l'.onaM avait rpialilii' le l'uin- ilOu \ rai,'!' siihlinir. cl uiir li'LrcMdi' (riiila illiliilili'- i-i>Mini("n(;ail à rayoïiiKM" sur le iioui de .1. de Maisirc : « l.i' livre ilu Pape, (lisait O'.Maliony. ce livre étineelaiil de \< ril('-s, (pu^ riiîiioraucc diiu siècle iiii'ideiir ;i retidii nouvelles poui' celui-ci, ce livre qui n'-duit eu poudre plus de mille volumes, ce livre enfin qui, atlaiiuant au cu'ur les impies de toutes nuances, les sectaires de toutes couleurs, est pourtant demeuré et demeurera sans réponse ». « Bien «pie le sujet (du /'flp<'), disait à son tour Saint-A'ictor, soit plutôt politique que religieux, Timpic-tc'' qui se croit justement attaquée, dès rpie Ton parle du cliei" de ri]i>;lise autrement que iioiu' l'insulter, ne l'eùl point laissé sans réponse, s'il eût été possible d'y répondre '. »

C'était trionqdier trop tôt et avec trop d'assurance. Une })remière riposte vint du cardinal de la Luzerne, l'un des mendires les plus vénérés de l'épiscopat, et dont le nom était quelquefois mis à côté de celui de Bossnet. Aux lieures sombres de la l!(''volution, la Luzerne avait été l'une des lumières tli(''oloo;i((ues, qui avaient éclairé la conscience des prêtres; ses instructions sur la constitution civile du clercfé avaient servi de règles de conduite aux insermiMités. Il avait en portefeuille, avonsnous dit. une réfutation d'Orsi: il crut bon de la imblier pour protester contre lultramontanisme de .1. de Maistre. 11 mourut p<Hi aju'ès 21 juin 1821). et Féletz, ilans un article nt''crologi(pie, disait : « Il serait à d('>sirer (pie ce livre, le (i(M'niei' ([u'il a l'ail imprimer, (bnini chissiipie dans les séminaires, et form.'it les jeunes ecclésiasti(pies à marcher sur les traces des célèbres docteurs et des

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