LE •• PAPE ■' ET LES CONTEMPORAINS
« M. (le iJnii.ild et vous, iiioiisiciir le comte, lui ('-crivjiil-il, cl »|iicl(|iics lioinines i|iii siiivciil Ac loin vos I races, vous avt'/ loiRb'' une école iiupérissaldc de liuulc philosophie et de |)olili(iue chrétienne, qui jette des racines surtout parmi la génération qui s'élève; elle l»orlcra ses fruits, et ils sont jugés d'avance.... C'est assez vous dire «jue de vous assurer que vous êtes à votre place à la tète de nos premiers écrivains ' ».
Lamennais, retardé i)ar la prélace du 2' volume de son Essai, ne commença son compte rendu (juc vers le milieu de juin. Les trois articles qu'il inst'i'a au DcJ'enàct/r étaient une apologie de J. de .Muislre, lionuue irÉtat douille tluu théologien : « On est étonné, disait-il, de la luullitude d'aperçus neufs, ing('Miieux, profonds, que icufiMine son ouvrage. Sans négliger les preuves ordinaires irauloril('' et de tradition, preuves décisives dans ri^giise, in\ laulorit»'' ne défaille jamais, il établit iiivinliblentcnt, par des preuves d'une nalun; ditfi'rente, les droits du souverain [tontife; également pressant, égali'meiit fort, lors((u'il fait entendre la sainte voi.v de l'antiquité et la voix de la raison, qui s'accordent, comme il devait èlre, pour prononcer le même juge-
UKMlt ».
11 convenait ({ue le livre renfermait des vérités amères pour des lecteurs français; mais, ajoutait-il, « ce serait une grande erreur de penser (|u'il eût mieux valu les taire, i)0ur le bien de la paix. Le silence n'est |(as la paix, et le temps est venu où il faut que toute vc'-rité soit dile, parce qu'il faut que toute vérité soit LTue ».
Sur aucun point inq)ortant il ne refusait son adhésion à l'auteur du Pape : il api)rouvait ses réllexions sur le
\. Li-lliv (lu 17 mais IS20 (Oj/tcs/».. l. VI, |i. 3021.
temporel des rois, admirait les nouvelles lumières répandues sur l'histoire de Libère et d'Honorius ', vantait les considérations sur le célibat -, médisait du système gallican, enfin préludait à ses hardiesses postérieures, en accusant la société de son temps d'être une société purement civile, non une société politique, parce quelle avait rejeté « une supériorité d'un ordre spirituel X..
Après Lamennais, c'est Bonald qui défendit en public l'ouvrage de J. de Maistre : autour du Pape, se groupe le fameux triumvirat catholique, dans une action commune. Bonald avait commencé par être gallican ; il est difficile de savoir la date de sa convei'sion à l'ultramontanisme; nul doute que l'influence de son illustre ami n'y ait beaucoup contribué. C'est lui qui, à propos des chicanes élevées contre le 2'^ volume de VEssai sur Vindifférence, caractérisa la doctrine commune au triumvirat, et définit l'œuvre propre à chacun des trois écrivains. Il disait de J. de Maistre qu'il « a présenté la papauté, centre et premier moyen de toute la civilisation du monde et de toute la perfection morale de la société, sous les points de vue les plus magnifiques, les i)lus nouveaux et les plus vrais; qu'il a api)ris aux gouvernements ce qu'elle était dans le monde même politique, et ce qu'elle devait être: et (|u"il a, plus (pu^ tout autre
1. « On Mi'cciil lie Imjiihc, dil .1. de Maislic. (|ut' iicrsoiiiic n'a poussé plus loin la jnstijirution (l"]l(niorius, ce ([iii iii'ciicouragc beaucoup ». (Lollrc (lu 2G janvier 1820.)
2. ■' Quiinl ;iu (■(•lihal, disait J. de Maislic, j"ai i'inlimc conviction d'avoir pousse la queslion à Imul; j'es|)ère (jue le lanieux arfruineni tiié de la population est détruit par la racine et nous ])()UV()ns dire : salnlcni ex inimifis nostris, puis(|ue c'est le protestant Malliius i|ui en a lait les plus grands frais ... (Lettre du 4 déi'cinluc 1820.) des pap-s. en elTet, sont parmi l<'s plus lu-Iles de l'uiivrage (I. 11. p. riOl-.'ilO): mais rauleiir a iiuldié île nous dire ])our(|uoi el comineiil la hii du cclilial apparli'iiail au pape.