LE •• PAPE ET LES CONTEMPORAINS
caclior quo los mosuros prisos par \o papo pour drfoiidrf les iulrn'-ls do rK<jlis(' t<'moie:iu'iit diiiio cxln'iiK' pnid"iirc, pour in- pas dire d'iiiic; vôrifable faiblosso. Il l'iiil, à laldit'' \ iiariii : « Il no faut plus nous ap|)ny(M' sur aucune autorilô... toutes nous écliai)penf, toutes nous trompent : c'est le signe do Tépofjuc », et quelcpies jours après (25 mars 1820), il reprend le mt^'uie thème : » Rome, comme vous venez de le voir, n'est pas encoul'ogeante. Je sais bien fpi'il faut la servir, comme toutes les autres souverainetés, malgré elle: cependant l'humanité ne saurait être totalement efTacée, et, dans certains moments, on se sent engourdi • ».
Plusieurs mois s'écoulèrent; de .Maistre Huit par savoir les motifs de la réserve pontificale : « A Rome, écrivait-il, on n'a i)oint compris cet ouvrage au premier coup d'teil; mais la seconde lecture m'a été tout à l'ail favorable. Ils sont fort ébahis de ce nouveau sysièuir. ol oui peine à comprendre comment on peut propose!- à Homo de nouvelles vues sur le pape; cependant il faut bien on venir là » (Il dt''combre 1820).
Nous voilà renseignés : l'impression ressoidio à Rome fut celle qu'éprouva la coui- do Cagliari, quand elle sut la démarche de son ambassadeur auprès de Savary pour avoir un oiilrelion avec Nnpolédu-. Rome, don! les
1. FriijriiK'iil inédit, ot Currcsii., VI. 2\'2. — Dans un accès de pcssiinisme il nv.iil dit ii de Place : - Si Ueme (inKiniiinail iinni iiiivrage, je n'en serais |Miinl siii|iris ». (Ij-tti-f iiu-dilc, '.) août ISI'.).)
2. Le minisire des .VITaires étrangères, chevalier de Ilnssi, sidlicila (les explications : « Voilà le mot, lui répondait de Maistre (mai 1SU8). Le cahinel est surpris. Tout est perdu. Kn vain le monde croule. Dieu nous parde d'une idée imprévue el c'est ce (|ui nn' |)ersuade encore davantafre (|ue je ne suis pas votre homme, car je puis hien vous |)romettri! de faire les affaires de S. M. aussi bien ([u'un autre; mais je ne puis jias vous promettre <le ne jamais vous surprendre. C'est un inconvénient de caractère aui|uel je ne v«)is pas de remède •. ('.orrcs/)., t. III. p. lOi.)
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nouveautés dérangent la politique traditionnelle, manifesta sa surprise. Lamennais, averti par de Maistre, lanea contre la cour romaine une de ces plaintes, où l'on sent passer le frémissement de colère qui vibrera un jour dans son pamphlet des Affaires de Rome : « Je suis étonné, lui écrivait-il, que Rome ait eu tant de peine à comprendre vos magnifiques idées sur le pouvoir pontilical. Si je jugeais des Romains par les livres qui nous viennent de leur pays, j'aurais quelque penchant à croire qu'ils sont un peu en arrière de la société. On dirait, à les lire, que rien n'a changé dans le monde depuis un demi-siècle. Ils défendent la religion comme ils l'auraient défendue il y a quarante ans » (2 janvier 1821).
Cependant de Maistre ne perdit pas confiance, et si Rome n'adopta pas ses idées, du moins elle prit en bonne part le sentiment qui les avait dictées. Il se trouva même, dans l'entourage immédiat de Pie VII, un théologien pour examiner officieusement le Pape, et proposer à l'auteur un certain nombre de corrections qui pour la plupart furont accueillies : c'est là cette criliquc romaine, dont il parle dans la seconde édition, et dont il a si souvent « profité avec reconnaissance' ».
Liininitiiie est très sévère juiur eelle déinarclie (lu'il nppelle « la grande faute de la vie publique du coiiite de Maistre » : - Il faut, a-t-il dit, croire en soi ([uaïKl on est une intelligen<'e supérieure, mais il ne faut pas y croire Jus(iu'ii l;i folie, sous |)eiiie (i(; tenter des choses folles ». {Cours du littrralurr, entretien XLlll.) •• De Tespril, niai.s point de sens », écrivait l'anihassadeur Hédouville ù Savary sur .1. de Maistre (cilé par Léonce l'in^uaud, p. :10J).
1. l'ajH', II, cil. vn, noie. " C'est un firand re^iret pour moi, écrivait J. de; Maistre, do, ne savoir- a ([ui ailresser mes remerciements. » Ces olisiTvalions sont perdues, nous n'avons que la réponse de J. de Maistre, elle a clé pujjliée dans les Hliulcs rcliijictisrs (.") ortohre ISU", l. LX.Klll, p. 5-32) sous ce litre : Aiitica luiUiliu, ou échaïuje d'obscriHilions sur le livre français inliltilé « Du J'aiic, •• '>'' i>arlie, écrite de Turin ù Hume, 1S'20. Lu pièce es! dalce du
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Knlii). rassiin- par les iiomlnrux ((''iiioignages dadiuii-alioii qui lui vcuaiciil d'Ilalio cl de I-"rniico. J. do Maislie osa piici' l'ic \ Il d'acrcpicr la di'dicaco de la seconde édilion. (ici le ('pîlre dt'diraloire cxpriniait tl'ahoi-d les rrainles i(ni avaieiil <Mnpcclié l'aidiMir de faire plus loi cette di-niarclie :
Timebain ne, in traclnndis rébus milUiae sacrae huciisque quasi seposilis. aliqnid e parjono calaino excidissel quod lionianorum auris, jure suo superba. vclul absonuni respuerel.
Mais, continue-t-il, tant d'approbations lui sont venues du monde calliolifiue, qu'il (;ioil avoir l'ail un livre utile; aussi rollVe-t-il à celui qui en est le sujet : € Ecco me, Pater sanctissime, genibus tuis provolutum, roganlem te atque obsecrantem ut librum de le ad (e scriplum, liilari vullu recipias et patrocinio tuo l'averc non dedigneris ' ».
Cette épître n'arriva pas à son adresse; le chargé d'affaires de Turin, qui devait la remettre au pape, ne le (it i)as : € Il vint dire à mon père, a écrit Constance de Maistre, que son épître dédicatoire avait été mise sous les yeux du pape (il n'en avait ni i)arlé ni écrit), mais que dans les circonstances actuelles S. S. n'osait pas accepter. Pas seulement cette consolation avant de mourir, disait mon pauvre père-! »
Dans ses derniers jours, J. de Maistre put croire que toutes les puissances de la terre avaient méconnu son zèle : la cour i]o Turin négligeait ce grand serviteur de la patrie sarde; et celle i)aj)auté. qui prodigue les brefs
211 iicldlirc !S2l) cl porte en si^iialurc l'hilomatlu-s Civarroiu-itsis, c'csl-ii-dirc un curieux des sciences, du imys des Allitlirnijes.
1. Celle opitre. publiée en partie par A. de Mariicrie {Le comte ./osc/i/i de Maistre, sa vie, ses écrits, ses doctrines, IS.S-J), a été donnée inle^Talenieiit dans l'edilion des (Hùtvres cuinidcles (lHHi).
2. SouiH-nirs sur mon pire, 2 mars 1881, cilé dans les J-Uudcs. o uctubrc 1 897.
d"approbation avec une complaisance excessive, ne daigna pas remercier l'écrivain qui avait déroulé les fastes de sa grandeur dans le passé, et qui lui ouvrait les perspectives d"un avenir glorieux '.
Espagne. — L'Espagne, comme l'Italie, était à la veille d'une révolution, et dans ce chaos des forces sociales, la littérature, même politique et religieuse, ne pouvait qu'être délaissée. Vers le milieu du mx^ siècle, deux publicistes, Donoso Cortès et Balmès, secouèrent l'inertie de l'Espagne, pour la jeter dans le mouvement des idées européennes : la philosophie qu'ils offrirent à leurs contemporains était celle des théocrates français, Donald, Lamennais et J. de Maistre.
Donoso Cortès, orateur fougueux, défenseur éloquent des libertés constitutionnelles, fut rejeté vers l'ultramontanisme parles événements de 1848. Il ne vit plus la politique qu'à travers la religion, car, dit-il, « la théologie, parla même qu'elle est la science de Dieu, est l'océan qui contient et embrasse toutes les choses 2 ». Aussi faut-il livrer le monde au pape : « Le pontife, dit-il, a le souverain pouvoir, et il l'a à la fois de droit divin et de droit humain... Quelle monarchie que celle où le roi est élu, et cependant vénéré, et qui cependant demeure dans l'ordre! où le roi élit les électeurs, qui ensuite éliront le roi!... Comment ne pas reconnaître dans cette monarchie si extraordinaire la représentation de celui qui, vrai Dieu et vrai homme, est l'unité et la pluralité, la divinité et l'humanité indissolublement unies? ». Quant à l'Eglise
1. En 1S27, son Ircic Xiivirr cljiil à Homo, il l'criv.iil {|c là qu'il avait (Hé adnii.s à baiser la main du saint père, l't (pic Ifs cardinaux se disaient à nii-voi.\ : E il frulcllo del célèbre de Maistre. (F. Klein, Lettres inédites de Xavier de Muistrc à sa faniille, dans l(> Com-sfjondant. 10 et 25 décemlire 1902.)
2. Essai sur le rutliolicisine. le libéralisme el le socialisiae. Irad. franc., 1831, \>. 'i.
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clic est immorlellc, impeccable, infaillible : « Il siiil de là, conliiHir I il, (inerKgliseaseule le droit (rarfirincr et denier, (•1(111011 nesaiiraitconccvoir le droit danirmer ce qu'elle nie, de nier ce qu'elle affirme ». Enfin, à la suite de J. de Maistrc, il fait l'éloge de celte Église qui, dans le l)ass(S n'a foudroyé de ses anathèmes que les peuples révoltés et les rois tyrans : « Contre les rois qui aspiraient à convertir l'autorité en tyrannie, elle a défendu la liberté; contre les peuples qui aspiraient à briser tout pouvoir et à se précipiter dans l'anarchie, elle a défendu l'autorité; et contre les rois et les peuples, contre tous, elle a défendu les droits de Dieu et l'inviolabilité de ses commandements' ». Donoso Cortès ne voit donc, avec de Maistre, le salut des peuples que dans la théocratie.
Balmès a plus de sagesse et plus de mesure ; pourtant il a exposé avec tant de rigueur ses convictions théocratiques, qu'on l'a appelé « le théoricien ofliciel du droit divin ». Après J. de .Maistrc, il fonda sur \c raisonnement la nécessité de la monarchie absolue, et mit la religion au sommet de la pensée humaine; car, disait-il, « si vous prétendez bâtir sur un autre fondement (jue celui même (pii a été établi i)ar I)ieu, votre édifice sera la maison construite sur le sable : les i)luies sont survenues, les vents ont souillé, l'édifice s'est renversé avec fracas sur le sol- ».
Allkm.vg.ne. — L'.Mlemagne calholiiiue commençait à peine, en 1819, cette période de renouveau (jui devait, après l'alTaire de Cologne (18371, la grande manifestation de Trêves (1844) et le congrès de Wurzbourg (1848), l'alTranchir de la tutelle étroite des rois et rétablir l'autonomie de la puissance spirituelle. Ouand paru! le Pape,