JtJiivrcs, t. lit. p. (11 t'l.'<(|q., p. "hi et p. iS
2. Le prolcsUmlisinc compare au catliolicismc, 18ivS \citi' p;ir Dit'tz, les; f.Htcralurrs clniiujtTcs. Itiilic-Ksjiatjiir, p. 'V.i\).
278 JOSEPH DE MAISTRE ET LA rAPAUTE.
les germes de cette renaissance n'apparaissaient ni dans les concordats que les divers états d'Allemagne négociaient avec le saint-siège, dans un esprit de farouche indépendance, ni dans la situation d'une Église devenue, grâce aux traditions joséphistes et à la paix étouffante que Metternich faisait régner, « une sorte de cimetière spirituel * ». De Maistre ne comptait pas émouvoir des catholiques aussi indifférents, en hostilité ouverte ou sommeillante contre Rome : « J'appuie beaucoup plus d'espérance, écrivait-il, sur l'Angleterre que sur l'Autriche, par exemple, ou sur tout autre pays qui a laissé pour ainsi dire poijrrtr la vérité chez elle 2 s.Le l'^'mai 1819, déveloi)pant ses idées sur le christianisme en Europe, il invitait le tsar à écarter de ses lèvres le venin (jermanique, c'est-à-dire la funeste doctrine des dogmes fondamentaux; gourmandant les rois sur leur indifférence pour la vérité catholique, il s'écriait : « Veulent-ils attendre (pie tout soit i)erdu, qu'il n'y ait plus en Europe de principe sacré et consacré, et qu'une jeunesse effrénée répète dans toute l'Europe le désolant spectacle de l'Allemagne ^V »
Queût-il dit, s'il avait pu voir le mouvement de vigoureuse offensive que le catholicisme, sous la direction de Gœrres, allait soulever contre les empiétements de l'autorité séculière?
Tous ceux qui ont essayé d'infuser un sang nouveau au corps anémié de l'Église catholique d'Allemagne, professent des théories singulièrement identiques à celles de J. de Maistre. On sait que la réaction fut préparée i)ar un retour au moyen âge : Arnim, Rrentano, Gœrres furent des archéologues, avant d'être les
1. L'oxprossion ost de M. G. Goynii, l'AlU'maijnc rclhiiciisc, le cfl//io/immc (1800-1848). Wm, t. Il, p." 405.
2. Li'ttri! il Bniiiild, 2.'i in.irs 1820 {Corrrxp., VI, 213).