‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 121 sur 152 · ùn'/vs, I. Vlll. |). ilJi · texte numérisé non relu

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de la charité, pour lequel il voulait obtenir du gouvernement de Genève une dotation convenable.

Oui remit le mémoire à son adresse? 11 est permis de conjecturer que ce fut une Polonaise, la comtesse de Zamoïska, née princesse Kzartoriska, qui séjournait parfois à Genève. Elle avait pour Vuarin une vénération profonde, et elle jouissait d'un grand empire sur l'esprit du tsar.

Ainsi le mémoire complétait le livre du Pape; l'auteur s'y exprimait avec la même J'ranchise et la même vérité : il accusait l'Église orthodoxe d'être schismatique, et il suppliait le tsar de ne plus persécuter le catholicisme et de ne plus favoriser Genève, la citadelle de l'erreur. L'histoire ne nous dit pas si Alexandre fut ébranlé dans ses convictions.

En 1842, un ancien conseiller d'État de Russie admirait la fidélité du tableau tracé par J. de Maistre : « Bien peu d'hommes, disait-il, ont, comme le comte Joseph de Maistre, assez longtemps résidé en Russie pour pénétrer l'esprit des institutions de ce vaste empire, surtout en matière religieuse; et parmi ceux qui ont pu remplir cette condition première, en se familiarisant avec la langue du pays, bien peu ont apporté à cet examen et à cette appréciation des connaissances historiques et canoniques suffisantes pour éclairer leur esprit et dicter leur jugement ' ». Malgré ces mérites le Pape ne changea rien aux destinées de l'Église russe.

Ainsi ce livre fit son tour d'Europe : dans cette vaste réaction politique et religieuse, dont l'Europe de 1820 fut agitée, J. de Maistre fut l'apôtre de lultramontanisme et le champion de Rome: nul, plus que lui, n'apprit au monde le respect de la papauté.

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