lùjlisi' iiulliiiiiir. II. xvii. |). 34.S
leur l'iilliousiasio «lu Pape, «juc les impies iii";i|t|)elleiil un r;uuili«iue, les ministériels un IVondeur, les conslilulioimels un nllr;i, et les courtisans ((ui ne savent pas liit- un laelicux. lùiibarrassé ûu «lioix entre tant de litres, j'en ai adopté un autre (jue personne au monde ne m'arraehera : c'est celui de CAiiioi.iyuE romain' ».
Les vrais lihéraux, (pi'il ne faut pas confondre avec les \'ollairiens du Cu/isliliilioniu-l (jui se i)Osaient en dél'enseurs de la religion de saint Louis et de Bossuct, et tondaient ui\e association évangélique pour la défense des lil)ertés gallicanes-, s'éloignaient sans retour du gallicanisme, cette l'orme surauut-e de la vie religieuse. Ainsi Royer-CoUani l'aisail eiilendic à la (iliandjre une éloquente sortie contre l'esprrt d'intolérance, quand il s'écriait : « J'ai voulu marquer, en ronq)ant un long silence, ma vive opposition au princi[»e tliéocratique qui menace à la fois la religion et la société.... La théocratie de notre temps est moins religieuse que politi(pie: elle l'ail partie de ce système de r(''acli()ii uiii\erselle qui nous emporte-' ».
Le Globe s'honorait en d<'mandant la liberté pour toutes les confessions : « La (charte, disait ce journal, pose en fait qu'il n'y a point pour elle de vérité relUjieuse; «•lie n'est pas alhée comme on l'a dit, mais elle est neutre, indifférente; elle ne croit à rien, (ui croit à tout '•^ ».
Ouand les hostilités battirent leur plein enti'e les deux écoles, il se |)rononca indistinclemeid contre l'une et raulr<'ef posa comme inconleslaitle ct> dilemme : Il
1. Lellre à M. Laiiroiitie et i'i la n'ilacliun du MémoriaU iiiscrcc (tans la Quolidimiu; 23 mars ISliS.
'2. Tlnireau-baii^iii, /<• l\irti lihénil suiis la lirstniinilioii, 2" fdit., I8SS, |.. 37.3.
3. Discours conlie la Itii du saciilèfic (scssiiiii de IS2.")I.
4. N" du 5 aoùl 1820. CI'. Dui)0is, Cousin, Jongroy cl Ihiiniron, Suitcciiirf. p. 5'J.
faut OU admettre le principe catholique d'autorité, avec toutes les conséquences que de Maistre et Lamennais en ont déduites, ou bien admettre Findépendance absolue, illimitée, inaliénable de la raison individuelle.
Enfin, aussi opposé que de Maistre lui-même à la renaissance d'une religion d'État, il raillait Louis XIV et Napoléon 1'='' qui s'étaient établis les « papes de l'Église qu'ils protégeaient », et il rejetait comme une erreur politique à la fois et une erreur judiciaire la dénonciation de Montlosier qui, dans sa pétition adressée à la Chambre des pairs, le 26 décembre 1826, dénonçait la faveur obtenue dans les séminaires par les ouvrages de J. de Maistre et de Lamennais, et appelait les rigueurs du pouvoir sur le jiarti ultramontain.
Ultramontanismc et légitimité : tel était le double programme défendu par de Maistre. En opposition à ces deux i)rincipes, le gallicanisme ne sut quelle ligne de conduite il fallait tenir : rester fidèle à l'esprit politique du passé, il ne le i)ouvait sans réserves, puisque le plus grand nombre des ultras tournaient les yeux vers Rome, et renonçaient à la défense des libertés gallicanes; aller nettement au libéralisme, il ne l'osa pas, car les idées libérales heurtaient le vieil esprit monarchique dont la conscience religieuse de la France était comme pétrie par la longue alliance du trône et de l'autel.
Lamennais eut le génie de voir clair dans cette situation troublée : il conq)rit que les doctrines libérales seules étaient vivantes, et pour assurer le triomphe de l'ullramontanisme il lia sou sort k relui des aspirations démocratiques. Le gallicanisme de Bossuet ne pouvait èlre accepté de la France moderne, parce qu'il se liait à un état politique di'-jà condamné, et appelé à disparaître; le gallicanisnie de la lleslauralion. (jui s'abritait