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que le nouvel ordre temporel puisse s'établir complèteiiienl ni aucunement se maintenir ».
L'action de Ballanchc sur les idées du xi.v' siècle fut discrète; en revanche Saint-Simon et surtout A. Comte devaient l'aire rayonner au loin les lueurs si vives proj(!tées par le génie de J. de Maistre.
En même temps que les idées théocratiques de J. de Maistre agissaient sur les penseurs, et par eux sur l'avenir, elles exerçaient aussi une influence immédiate plus restreinte et plus difficile à saisir.
11 ne nous appartient pas d'étudier la politique de la Restauration; on sait qu'elle fut ondoyante, et qu'elle mécontenta à la fois les royalistes et les libéraux. Elle fit à l'opinion libérale de sérieuses concessions, et i)ourtant elle se souvint trop de ses origines contre-révolutionnaires, puisqu'elle autorisa le rétablissement des congrégations, laissa les Jésuites s'insinuer dans le corps enseignant, permit aux missionnaires, agents politiques et religieux, de parcourir les campagnes pour y planter des croix portant à leur extrémité des fleurs de lys, fit voter des lois sur le droit d'aînesse, sur le sacrilège, sur la presse. « L'ingérence du clergé, a dit le chancelier Pasquier, devenait intolérable '. »
D'autre part, le gouvernement n'avait aboli aucune des lois qui favorisaient le pouvoir temporel et l'armaient contre les excès des ultramontains: le placet, Vexequalur,
I. Mrinoires, l. VI. — LiiJdiinud de Itninr, |iiililié sous la ('(Misuro (lu jiapp, (lisait (août 182.")) : ■■ rni- iiHinarcIiid constiliilioiinello iit'sl rien moins (|u"une nionaicliic, coninif un clirislianisiiiL' i;allicau n'est rien moins qu(> le clii'islianismc ».
306 JOSEPH DE MAISTRE ET LA l'APAUTE.
les appels comme d'abus, renseignement obligatoire des quatre articles, toutes ces mesures que l'ancien gallicanisme avait introduites dans notre législation, furent employées contre les empiétements du clergé. Pendant que notre ambassadeur à Rome, M. de Laval, signalait « un nouvel esprit de corps dans l'Église universelle, un esprit qui tend à se rapprocher du centre, un esprit de ferveur vers le chef et d'éloignement pour les doctrines nationales 1 », en France, Frayssinous, le dernier des gallii-nns, essayait de concilier notre passé religieux avec les nécessités de la politique de son temps. 11 caressa le projet de rétaljlir l'ancienne Sorbonnc, qui avait été le rempart de ces maximes gallicanes, tant décriées par de Maistre. En 1H20, il inspira la protestation des évoques contre les excès ultramontains de Lamennais. Mais le courant était plus fort, et, en 1828, les ordonnances gallicanes de Feutrier excitaient l'indignation des mêmes prélats. Le Mémoire qu'ils conij)Osaient à cette occasion semblait réaliser les paroles prophétiques de J. de Maistre : » Que si quelque autorité, aveugle héritière d'un aveuglement ancien, osait encore lui demander (au clergé de France) un serment à la fois ridicule et coupable, qu'il réponde par les paroles que lui dictait Bossuet vivant : Non possumus! non possumas! et le clergé peut être sûr qu'à l'aspect de son attitude intrépide j)ersonne n'osera le pousser à bout. Alors de nouveaux rayons environneront sa tète, et le grand oeuvre (commencera par lui - «.
Celle résistance du clerg(' nr sérail pas oll(''e jusqu'au niaityrc, mais l'occasion était bonne pour les fougueux ullramontains de lancer de relenlissanles professions de foi : « II y a longtemps, s'écriait U'Mahony, le Icc-
1. Cite p.ir M. It.iillr, Ir CitnliiKd de liulMU-ClMljot (lUUi), \t. 223.